Rechercher
Rechercher

Liban - Politique

Hoss : Le Liban est devenu « une jungle sans loi »

Dans un « appel national » aux Libanais, l'ex-chef de gouvernement préconise la mise en œuvre stricte de la Constitution en Conseil des ministres et presse pour l'élection d'un président « consensuel ».

Sélim Hoss au cours de sa conférence de presse. Photo Ani

Sortant de son mutisme, l'ancien Premier ministre Sélim Hoss a lancé hier un « appel national » aux Libanais dans lequel il a exhorté la classe politique à en finir avec les blocages de toutes sortes qui ont fait que le Liban est devenu selon lui une « jungle sans loi ».
Lançant cet appel lors d'une conférence de presse, M. Hoss a préconisé une application stricte de la Constitution pour ce qui est du mécanisme d'action du Conseil des ministres et pressé pour l'élection d'un chef de l'État « consensuel ».
Voici de très larges extraits de ce texte :
« Le Liban est un message de concorde, de tolérance et de coopération entre les diverses communautés et religions. Ces principes ont fait de lui une nation qui se distingue des autres pays de la région et un porte-drapeau de la coexistence pacifique entre les nombreuses composantes confessionnelles, qui se protègent les unes les autres (...). Grâce à ces principes sur lesquels le Liban a été édifié, ce pays est devenu une fenêtre pour les Arabes sur l'Occident et une voie d'accès pour les Occidentaux vers la nation arabe.
« Faisons donc en sorte de préserver cet héritage de civilisation et de culture et élevons-nous dans notre action au niveau requis de responsabilité nationale en primant l'intérêt national et celui du peuple et des générations futures sur nos intérêts individuels ou partisans étroits, car toute atteinte à la formule libanaise de civilisation, de culture, de coexistence et de tolérance menacerait sérieusement, à Dieu ne plaise, l'existence même du Liban en tant qu'entité et nation.
« Nous comprenons l'intention louable du Premier ministre Tammam Salam et les motifs qui l'ont poussé à accepter la formule de l'unanimité mise en œuvre au Conseil des ministres. Sa démarche visait à préserver l'unité nationale, surtout en période de vacance présidentielle. Il se trouve hélas que d'aucuns ont exploité ce souci de M. Salam à sauvegarder l'unanimité nationale pour se livrer au blocage et à des jeux politiciens. Cela s'est répercuté négativement sur l'action du gouvernement aux deux plans national et économique.
« À cet égard, nous proclamons notre attachement à l'accord de Taëf et à la mise en œuvre de toutes ses dispositions, surtout en ce qui a trait aux prérogatives du chef du gouvernement et au mécanisme de prise de décision en Conseil des ministres. Or l'article 65 de la Constitution définit clairement le mécanisme constitutionnel, tant pour ce qui est de la réunion du Conseil que pour la bonne marche des affaires et aussi la prise de décisions vitales.
« Il est donc souhaitable que la Constitution soit appliquée plutôt que de la violer ou d'en multiplier les interprétations au gré de chacun dans le but d'engranger des gains personnels, partisans ou confessionnels.
« Voilà pourquoi il faudrait abandonner tous les mécanismes créés de toutes pièces et qui constituent des violations flagrantes de l'article 65 de la Constitution, d'autant plus que celui-ci réglemente précisément l'action du gouvernement à l'ombre de la vacance présidentielle.
« La vie politique libanaise est parvenue à un degré de paralysie inhabituel à tous les niveaux. La violation de la Constitution est devenue une chose normale et même justifiable chez certains. Cela nous pousse à croire que nous vivons dans un état de chaos et de corruption irrémédiables. Le Liban en est arrivé à être une jungle sans loi.
« Il n'y a aucune raison valable qui empêche les députés de la nation de s'acquitter de leur devoir national et historique d'élire un président de la République. Le plus frappant, c'est de voir que tous les États, toutes les délégations officielles arabes et étrangères qui viennent au Liban réclament des Libanais qu'ils élisent un chef de l'État et que ce sont les Libanais eux-mêmes qui refusent de remplir cette mission nationale.
« Certains considèrent que la vacance de la présidence est dans leur intérêt. Ceux-là devraient se rappeler que l'intérêt du Liban, de son peuple, de ses générations futures et de son économie commande de rester attachés aux institutions de l'État et à leur productivité et non pas à bloquer ces institutions.
« Le Liban pourra-il se tenir à l'écart de ce qui se produit dans la région en termes de violence, d'extrémisme et de changements démographiques si la classe politique reste à ce point divisée et continue à pratiquer le blocage ? Nul doute que l'élection d'un président de la République consensuel immunise la nation libanaise et notre société plurielle des retombées des crises de la région.
Le Liban est riche de ses jeunes instruits et cultivés. Mais, hélas, la paralysie, le sabotage et les politiques vindicatives suivies dans ce pays ont fait perdre à nos jeunes la foi dans leur patrie (...). »

Sortant de son mutisme, l'ancien Premier ministre Sélim Hoss a lancé hier un « appel national » aux Libanais dans lequel il a exhorté la classe politique à en finir avec les blocages de toutes sortes qui ont fait que le Liban est devenu selon lui une « jungle sans loi ».Lançant cet appel lors d'une conférence de presse, M. Hoss a préconisé une application stricte de la Constitution pour ce qui est du mécanisme d'action du Conseil des ministres et pressé pour l'élection d'un chef de l'État « consensuel ».Voici de très larges extraits de ce texte :« Le Liban est un message de concorde, de tolérance et de coopération entre les diverses communautés et religions. Ces principes ont fait de lui une nation qui se distingue des autres pays de la région et un porte-drapeau de la coexistence pacifique entre les...
commentaires (3)

C'est plutôt l'inverse qui existe ... la loi de la jungle...!

M.V.

10 h 29, le 01 mars 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • C'est plutôt l'inverse qui existe ... la loi de la jungle...!

    M.V.

    10 h 29, le 01 mars 2015

  • UNE JUNGLE... TOUT COURT !!! GRACE AUX DIVINS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 51, le 28 février 2015

  • "Mais, hélas, la paralysie, le sabotage et les politiques vindicatives suivies dans ce pays ont fait perdre à nos jeunes la foi dans leur patrie." ! Tout à fait, comme du temps où il était le séide favori de ses amis bääSSyriens au poste de premier ministré.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 10, le 28 février 2015

Retour en haut