Les présidents français François Hollande et philippin Benigno Aquino, hier à Manille. Alain Jocard/Pool/Reuters
Depuis les Philippines, pays symbole des effets dévastateurs du réchauffement climatique, les présidents français et philippin ont lancé hier l' « Appel de Manille » pour le succès de la Conférence mondiale sur le climat que la France réunira fin décembre à Paris.
« Nous appelons la communauté internationale à conclure un accord ambitieux, équitable et universel sur le climat », ont proclamé « solennellement » François Hollande et Benigno Aquino dans cet appel lu en leur présence par l'actrice Marion Cotillard dans les jardins du palais présidentiel philippin. Le résultat de la Conférence de Paris, souligne le texte, concernera « la vie de milliards de personnes ». Paris espère ardemment qu'il effacera l'échec cuisant de Copenhague en 2009. « L'Appel de Manille, c'est pour que le monde soit plus juste entre les pays développés et les pays fragiles, entre les pays riches et les pays pauvres, entre les générations aussi », a lancé le président Hollande, au premier jour d'une visite officielle de 48 heures, la première d'un chef d'État français dans cet archipel depuis son indépendance en 1947. Aux yeux de Paris, les Philippines sont un « interlocuteur privilégié » dans la perspective de la Conférence de Paris, incarnant une « voix progressiste parmi des pays en développement », alors que d'autres cultivent « une opposition Nord-Sud » avec les pays développés, émetteurs de gaz à effet de serre. Les générations qui ont « prélevé des ressources sur la planète » ont à présent « le devoir d'agir pour que leurs enfants, leurs petits-enfants puissent tout simplement vivre sur cette planète », a-t-il encore souligné. Pour François Hollande, « il faut changer le monde pour sauver la planète ». Les pays développés, a-t-il plaidé, ont « suffisamment prélevé de ressources » et « abîmé la planète » pour que leur « premier devoir » soit de « faire justice » aux pays en développement.
Et hier, Paris et Manille ont selon lui « scellé une alliance qui a vocation à emmener le monde avec elle ». L'une des clefs de la réussite de la Conférence de Paris, a-t-il cependant relevé, sera le fonds vert de l'Onu qui doit être « mis à disposition des pays vulnérables, comme les Philippines, des pays fragiles, émergents et pauvres » pour leur permettre d'affronter les défis du climat.
Paris sera « l'heure de vérité », a jugé pour sa part l' « envoyé spécial pour la protection de la planète » du président français, Nicolas Hulot, se demandant si « l'humanité, pour une fois, sera capable de s'extraire de ses égoïsmes et de ses nationalismes ».
(Source : AFP)

