Michel Sleiman, s’exprimant devant des membres de la communauté libanaise de Dubaï. Photo Ani
L'ancien chef d'État Michel Sleiman a ouvert le feu hier implicitement en direction du général Michel Aoun, prenant le contrepied de sa conception du président « fort » et l'accusant de népotisme, sans oublier d'égratigner au passage son prédécesseur, Émile Lahoud.
M. Sleiman, qui effectue une visite aux Émirats arabes unis, s'exprimait devant des représentants de la colonie libanaise dans un grand hôtel de Dubaï.
« Nous devons élire au plus vite un président sans entrer dans les qualifications du genre : celui-ci est fort et celui-là est faible, a-t-il lancé. Chacun sait comment il peut entrer en fonctions, mais nul ne sait comment il en sortira. La plupart de ceux qui ont eu à assumer la responsabilité se prenaient au commencement pour des héros, mais 95 % d'entre eux en sont sortis faibles. Je préfère donc le président qui commence en homme ordinaire et qui finit renforcé. C'est la meilleure solution. »
Et M. Sleiman d'ajouter : « Je suis d'accord pour dire qu'il faut empêcher le faible d'accéder à la présidence. Mais qui est donc le président faible ? C'est celui qui a peur pour sa sécurité, pour son avenir politique, pour son influence et celle de sa famille après lui, celui qui veut léguer le pouvoir à ses enfants et à ses gendres (...) C'est aussi le président dont la force est tirée de l'axe duquel il relève parce que, quand l'axe disparaît, sa force disparaît avec lui. »
Exposant son « programme politique », l'ancien président a dit qu'après l'élection du chef de l'État, la Chambre « devra se hâter de mettre au point une nouvelle loi électorale basée sur la proportionnelle, abaissant l'âge du vote à 18 ans, prévoyant la participation des émigrés au scrutin et instituant un quota pour les femmes ».
Par la suite, « le président de la République, le gouvernement et le Parlement devront s'efforcer de consolider l'accord de Taëf afin qu'il soit possible de le perpétuer. Cet accord qui a conduit à la stabilisation du Liban doit vivre des dizaines d'années afin qu'on ne vienne pas nous parler de constituantes au bout de quelques années », a-t-il dit.
Et selon M. Sleiman, cette consolidation de Taëf passe par la mise en œuvre de la déclaration de Baabda, document-clé sur la neutralité du Liban à l'égard de la politique des axes que lui-même avait fait adopter par la conférence du dialogue national en juin 2012, avant que le Hezbollah ne renie son engagement à son égard.
« Il faudra combler les lacunes de la Constitution apparues après la fin de la tutelle syrienne parce que, avant cela (...) ce n'était pas le Libanais qui réglait les problèmes. Les Libanais n'ont commencé à s'occuper de leurs propres affaires qu'en 2008, après le retrait des Syriens et l'élection du président », a-t-il lancé, dénigrant ainsi tout le mandat Lahoud, avant et après le départ de l'armée syrienne.


GRANDEUR D'ÂME PRÉSIDENT SLEIMANE... VRAI LIBANAIS QUI MET LES POINTS SUR LES I !!! IL A POURTANT OUBLIÉ LE MOT : PARAVENT !!!
09 h 51, le 24 février 2015