Plusieurs ministres, députés et responsables se trouvaient au Central Hotel lors de l’attaque des shebab. Mohammad Abdiwahab/AFP
Au moins 25 personnes ont été tuées et de nombreuses grièvement blessées hier à Mogadiscio dans une attaque visant l'établissement haut de gamme du Central Hotel, attentat le plus meurtrier en Somalie depuis près de deux ans.
Hier, une source à la présidence somalienne ayant requis l'anonymat évoquait « au moins 25 morts », précisant à l'AFP que le bilan pourrait augmenter vu la gravité des blessures. Un policier sur place, Abdulrahman Ali, a quant à lui indiqué à l'AFP avoir vu onze corps. Plus tôt, une source sécuritaire occidentale avait parlé d'« une soixantaine de victimes », tuées ou blessées. Plusieurs ministres, députés et autres responsables somaliens se trouvaient à l'intérieur de l'hôtel, avait-elle précisé.
Une double explosion a été suivie par une intense fusillade à l'intérieur du Central Hotel, situé près de l'enceinte ultrasécurisée de la Villa Somalia, complexe fortifié abritant la présidence somalienne et les bureaux du Premier ministre. Selon la source à la présidence somalienne, le maire adjoint de Mogadiscio a été tué, tandis que le vice-Premier ministre et le ministre des Transports ont été blessés. Au moins un député a été tué selon Radio-Mogadiscio qui a confirmé la mort du maire adjoint de la capitale. « Le bâtiment a été salement touché, les explosions étaient très puissantes et j'ai vu les corps de 11 personnes », a déclaré Aburahman Ali, le policier. « Il y avait aussi de très nombreux blessés, dont beaucoup grièvement », a-t-il ajouté.
« Non islamiques »
Les insurgés islamistes shebab ont rapidement revendiqué l'attaque. « Nos moujahidine sont à l'intérieur du Central Hotel et ont attaqué sans peur », a déclaré à l'AFP par téléphone Abdulaziz Abu Musab, porte-parole militaire des shebab, « l'objectif est de tuer les responsables (somaliens) apostats ».
Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a répliqué qu'« attaquer des députés et des citoyens juste après la prière du vendredi » montrait que « les shebab sont non islamiques et antidémocratie », selon le compte Twitter de la présidence somalienne.
Ces derniers mois, les shebab ont privilégié les cibles symboliques et sécurisées, visant notamment en 2014 la Villa Somalia et le Parlement par deux fois, mais aussi le siège des services somaliens de renseignements, des convois de l'O ou le QG de la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) le jour de Noël. Les islamistes somaliens, liés à el-Qaëda, ont en outre mené des attaques dans des pays fournissant des troupes à l'Amisom, spécialement au Kenya voisin où une série de raids a fait plus de 160 morts depuis juin. Ils ont également perpétré le spectaculaire assaut contre le centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013, y tuant au moins 67 personnes.

