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Culture - Portrait

Dans les coulisses d’une diva

Carmen Giannattasio, considérée actuellement comme une des plus grandes sopranos, sera la Norma de l'opéra de Vincenzo Bellini les 26 et 28 février dans le cadre du Festival al-Bustan. Rencontre avec une diva tout feu, tout flamme.

Carmen Giannattasio.

Elle est napolitaine. Une femme du Sud qui dit retrouver dans Beyrouth les odeurs, saveurs et couleurs de son pays. Elle avoue d'ailleurs être enchantée d'interpréter Norma pour la première fois dans la capitale libanaise. Cette diva rentrée très tôt en musique, comme on rentre en sacerdoce, se raconte et sa vie défile comme des harmonies.

Une trajectoire en flèche
«La musique est née avec moi, dit-elle. J'avais deux ans et j'étais alors au couvent des carmélites. Un jour, j'entends au bout d'un long corridor une musique interprétée au piano par une nonne. C'était magnifique. Je cours chez mes parents pour leur demander de m'acheter cet instrument. C'était mon premier rendez-vous avec la musique. Plus tard, lorsque j'étudiais le chant à l'âge de dix-huit ans, ma maestra découvre ma voix et, cinq ans après, Leyla Gencer me présente à Riccardo Muti qui me prend à l'Académie de la Scala. Par la suite, le prix Operalia de Placido Domingo fut une consécration pour moi. C'était une chance que j'ai su saisir.»

C'est donc un parcours difficile ?
«Ce qui est plus difficile, c'est de maintenir son niveau.»

Combien de temps consacrez-vous à l'entraînement ?
«La voix est un instrument très délicat. Je m'exerce en général deux heures par jour mais, dans le cas de Norma, étant donné que c'est une première, je m'exerce durant cinq heures avec Gianluca Marciano. Cet opéra est le plus difficile de mon répertoire et si on ne le fait pas avec intelligence, en dosant les énergies, cela peut être "fatal". C'est un feu qu'il faut savoir calmer. C'est un rôle complet très physique.»
Carmen Giannattasio parle avec ardeur et fougue. Elle raconte ses souvenirs, tous aussi beaux, aussi lumineux. Aussi gratifiants. «C'est la musique qui m'a choisie, dit-elle. Le Met? Émouvant! La Scala? Un honneur! La Chine, le Japon? Des découvertes.» Elle se raconte avec des gestes. Avec le cœur et avec le corps. C'est peut-être pour cette raison qu'on l'a comparée à la grande Anna Magnani. «C'est un honneur pour moi d'être comparée à elle, confie-t-elle. La chanteuse d'opéra est une actrice qui chante. La définition de bel canto est née avec Monteverdi, «Recitarecantando» ou réciter en chantant. Je suis donc une actrice qui ne déclame pas, mais qui chante. Si vous avez la plus belle voix avec une technique superbe mais que vous ne savez pas accorder à la musique et à la gestuelle, ça ne marche pas.»

Alors Carmen Giannattasio, aujourd'hui, en qui vous retrouvez-vous le plus ?
«J'ai été à plusieurs reprises Mimi de La Bohème ou Leonara de Il Trovator de Verdi ou La Traviata, mais aujourd'hui je me sens Norma. Une femme authentique, sincère, qui ne supporte pas la trahison. Une vraie femme du Sud quoi!»
Rendez-vous donc avec cette diva le jeudi 26 et le samedi 28 février dans un concert (sans décors), entourée des solistes Nino Surguladze, Gocha Datusani et Arturo Chacon-Cruz, ainsi que la chorale des antonines, celle de la NDU et du jeune orchestre de l'État d'Arménie.

Elle est napolitaine. Une femme du Sud qui dit retrouver dans Beyrouth les odeurs, saveurs et couleurs de son pays. Elle avoue d'ailleurs être enchantée d'interpréter Norma pour la première fois dans la capitale libanaise. Cette diva rentrée très tôt en musique, comme on rentre en sacerdoce, se raconte et sa vie défile comme des harmonies.
Une trajectoire en flèche«La musique est née avec moi, dit-elle. J'avais deux ans et j'étais alors au couvent des carmélites. Un jour, j'entends au bout d'un long corridor une musique interprétée au piano par une nonne. C'était magnifique. Je cours chez mes parents pour leur demander de m'acheter cet instrument. C'était mon premier rendez-vous avec la musique. Plus tard, lorsque j'étudiais le chant à l'âge de dix-huit ans, ma maestra découvre ma voix et, cinq ans après, Leyla...
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