L'homme d'affaires thaïlandais Bee Taechaubol a confirmé hier avoir eu des discussions « cordiales » avec l'AC Milan pour le rachat du mythique club italien, mais a démenti avoir fait une offre formelle. « Je ne nie pas l'intérêt pour une possible acquisition d'actions dans un club aussi prestigieux que l'AC Milan, mais pour le moment ce ne sont que des discussions cordiales et privées avec des représentants du groupe AC Milan », écrit-il dans un communiqué rapporté par l'AFP. « Aucune décision n'a été prise, aucun accord n'a été signé », précise l'homme d'affaires.
Mardi, les médias italiens affirmaient que le président du club, l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi, avait rejeté l'offre de 970 millions d'euros du Thaïlandais, qui est à la tête d'un groupe singapourien de capital-investissement, mais pourrait céder une part minoritaire à un Chinois en cas de promesse de soutien au projet de nouveau stade. Le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore a toutefois avancé dans son édition de mardi que, pour la première fois, M. Berlusconi avait « donné son accord » pour la vente du club. Des médias thaïlandais ont affirmé, eux, que Bee Taechaubol voulait acquérir 50 % des parts de l'AC Milan.
L'ombre de lui-même
Marco Bellinazzo, le journaliste du quotidien Il Sole 24 Ore, présenté comme « un expert du football et de la finance », a écrit que l'offre de Singapour « a été refusée car Silvio Berlusconi considère que l'AC Milan vaut 1,5 milliard (d'euros) ». M. Bellinazzo pense également que le milliardaire chinois Wang Jianlin, qui a acquis 20 % des parts du club espagnol de l'Atletico Madrid fin janvier et qui est en passe de racheter le géant suisse du marketing sportif Infront, pourrait désormais convaincre M. Berlusconi de lui vendre une part minoritaire du capital assorti de la promesse d'aider le club dans son projet de construction d'un nouveau stade. « L'arrivée en Italie de Wanda Group et Wang Jianlin a créé un nouveau scénario, parce que cela coïncide très bien avec le projet de nouveau stade... et le rêve de M. Berlusconi de vendre une part minoritaire sans perdre le contrôle du club, laisse le soin (aux nouveaux actionnaires) de prendre la charge de la construction du stade. »
En octobre 2013, l'Indonésien Erick Thohir était devenu le premier propriétaire asiatique d'un club de football italien majeur en acquérant la majorité du capital de l'Inter Milan, éternel rival de l'AC Milan.
Ce dernier, sacré champion d'Europe à sept reprises, n'est aujourd'hui plus que l'ombre du club le plus prestigieux du continent, au temps où M. Berlusconi avait repris l'AC Milan en 1986. Après 23 matches en série A, les Rossoneri – qui ont échoué à se qualifier en Coupe d'Europe cette saison – sont 11es du classement, à 24 points du leader, la Juventus, et à 12 points de Naples, qui occupe la troisième et dernière place qualificative pour la Ligue des champions.

