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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Cette fois-ci, Boko Haram s’en prend au Tchad

Des jeunes femmes déplacées de leur village natal à cause de l’offensive de Boko Haram au Nigeria. Florian Plaucheur/AFP

Boko Haram a répondu hier à l'offensive lancée par N'Djamena contre le groupe islamiste avec une première attaque sur le territoire tchadien, s'infiltrant sur les rives du lac Tchad où cinq personnes ont été tuées près d'un site de réfugiés.
L'attaque au Tchad s'est produite vers 03h00 du matin. Les islamistes ont traversé le lac Tchad à bord de quatre « hors-bord » et ont pris d'assaut la presqu'île de Ngouboua, sur la rive tchadienne du lac, a affirmé à la radio nationale le porte-parole de l'armée tchadienne, le colonel Azem Bermandoa Agouna. « Ils ont commencé à tirer sur tout ce qui bouge, les militaires ont riposté », a déclaré le colonel, ajoutant que les islamistes avaient ensuite fui en direction du Nigeria avec des militaires « à leurs trousses ». Le bilan officiel fait état d'un mort et de quatre blessés parmi les militaires tchadiens, le chef de canton ayant également été tué par une « balle perdue ». Côté Boko Haram, deux combattants ont péri et cinq autres ont été blessés. Une source sécuritaire a pour sa part affirmé à l'AFP que quatre civils, dont le chef de canton, et un militaire avaient trouvé la mort. L'aviation tchadienne est entrée « en action » et a détruit tous les « hors-bord » des assaillants, selon cette source. « Nous n'avons pas encore beaucoup de détails, les autorités (tchadiennes) sont en train d'arriver sur place », a déclaré à la mi-journée le représentant adjoint du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Mamadou Dian Balde, joint par téléphone.
Mais, a-t-il ajouté, « je ne crois pas que leur (Boko Haram) objectif était d'atteindre les réfugiés, c'était plutôt le village » tchadien. Il s'agit de la première attaque de Boko Haram sur le sol tchadien, alors que le Tchad a engagé ses troupes dans de violents combats contre le groupe islamiste au Nigeria, notamment à la frontière camerounaise.

Un commerçant recrutant les jeunes
À Diffa, au Niger, un riche commerçant nigérien a été arrêté jeudi et est décrit par un élu local comme « le chef suprême de Boko Haram à Diffa mais également son financier ». D'après une source humanitaire, l'homme a été « neutralisé par l'armée » nigérienne « à l'aide d'infos données par l'armée française », présente dans la région. Son interpellation expliquerait le calme récent à Diffa, où les « éléments infiltrés » ne sont « plus guidés », a-t-elle ajouté. Natif de Diffa, Kaka Bounou, alias « Capitaine », est âgé d'une trentaine d'années, selon un habitant de Diffa, qui le présente comme le « banquier » qui « recrute les jeunes » pour le compte des islamistes. « Ses liens avec Boko Haram » étaient « bien connus de tous » mais « personne n'osait le dénoncer par peur de représailles », a-t-il souligné. La sanglante insurrection de Boko Haram contrôle de vastes territoires du nord-est du Nigeria, où elle a fait depuis 2009 au moins 13 000 morts.
Enfin, le HCR a demandé hier une aide humanitaire d'urgence pour les réfugiés qui continuent de fuir en masse le nord-est du Nigeria. Au total, 100 000 personnes ont gagné le Niger, 40 000 le Cameroun et 17 000 le Tchad, selon le HCR, qui souligne qu'il y a près d'un million de déplacés internes au Nigeria.
L'insurrection a pris ces derniers mois une ampleur régionale. Les pays du bassin du lac Tchad (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun et Bénin) ont prévu de mobiliser 8 700 hommes dans une force militaire multinationale contre le groupe islamiste.

Boko Haram a répondu hier à l'offensive lancée par N'Djamena contre le groupe islamiste avec une première attaque sur le territoire tchadien, s'infiltrant sur les rives du lac Tchad où cinq personnes ont été tuées près d'un site de réfugiés.L'attaque au Tchad s'est produite vers 03h00 du matin. Les islamistes ont traversé le lac Tchad à bord de quatre « hors-bord » et ont pris d'assaut la presqu'île de Ngouboua, sur la rive tchadienne du lac, a affirmé à la radio nationale le porte-parole de l'armée tchadienne, le colonel Azem Bermandoa Agouna. « Ils ont commencé à tirer sur tout ce qui bouge, les militaires ont riposté », a déclaré le colonel, ajoutant que les islamistes avaient ensuite fui en direction du Nigeria avec des militaires « à leurs trousses ». Le bilan officiel fait état d'un mort et de...
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