Photo Rachel Corrie Foundation
La famille de Rachel Corrie, une pacifiste américaine écrasée par un bulldozer de l'armée israélienne dans la bande de Gaza en 2003, a condamné hier la décision de la Cour suprême israélienne jugeant que l'armée n'était pas responsable de sa mort. La jeune femme de 23 ans s'opposait, avec d'autres membres du Mouvement international de solidarité (ISM) et des Palestiniens, à la destruction d'une maison palestinienne à Rafah quand le drame a eu lieu. « Il est clair que cette décision (...) équivaut à une consécration judiciaire de l'immunité (dont bénéficie) l'armée israélienne quand elle commet des injustices et des violations des droits de l'homme », a dénoncé sa famille dans un communiqué.
L'appel avait été déposé par la famille après le rejet en 2012 par un tribunal de Haïfa d'une plainte pour « homicide par négligence » au civil contre l'État d'Israël. À cette époque, la justice israélienne avait conclu que la mort de Rachel Corrie résultait d'un accident et non de la responsabilité du conducteur du bulldozer. Une enquête interne menée par l'armée israélienne en 2003 avait conclu quatre semaines après les faits que les troupes israéliennes n'étaient pas responsables de la mort de Corrie, expliquant que l'équipe du bulldozer qui l'a écrasée ne l'avait pas vue.
Malak, icône de la résistance
D'autre part, Israël a libéré hier au bout de six semaines une écolière palestinienne de 14 ans dont l'emprisonnement a cristallisé la colère des Palestiniens contre les arrestations d'enfants dans les territoires occupés, a constaté un photographe de l'AFP. Malak al-Khatib a été relâchée à Tulkarem où elle avait été conduite par les Israéliens et où elle a retrouvé ses parents, ses proches ainsi que le maire.
La plus jeune prisonnière palestinienne dans les prisons israéliennes était devenue une sorte d'icône. Pour rappel, celle-ci avait été arrêtée le 31 décembre près d'une route empruntée par de nombreux colons israéliens. Elle menaçait de lancer des pierres et portait un couteau avec lequel elle comptait poignarder tout soldat qui viendrait l'arrêter, selon les charges israéliennes pesant sur elle. Après trois semaines de détention provisoire, Malak a été jugée par un tribunal militaire, le seul type de cour israélienne compétente dans les Territoires, et condamnée le 21 janvier à deux mois de prison et 1 500 dollars d'amende. La cour s'est fondée sur les aveux qu'aurait faits l'adolescente. Son père conteste les accusations et objecte que sa fille aurait avoué sous la pression.
Enfin, le Club des prisonniers, qui défend les 6 500 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, dénombre près de 200 mineurs parmi eux, dont seulement quelques filles.


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VERDICT... OU... PROVOC ?
09 h 29, le 15 février 2015