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Moyen Orient et Monde - Conflit

Moscou intensifie nettement son offensive contre l’Ukraine

Les pays du G7 se sont dit « prêts à adopter » des sanctions contre ceux qui violeraient l'accord de Minsk.

Des soldats nouvellement mobilisés, lors d’une formation hier dans la région de Tchernihiv en Ukraine. Valentyn Ogirenko/Reuters

Les rebelles séparatistes de l'est de l'Ukraine « attaquent les accords de Minsk » en bombardant des populations civiles, a déclaré hier le président ukrainien Petro Porochenko, accusant la Russie d'avoir « significativement augmenté » son offensive contre son pays depuis la signature de ces accords. Pendant ce temps, les États-Unis, absents à Minsk, ont accusé la Russie de continuer à déployer des armes lourdes dans l'est de l'Ukraine. « Nous sommes très préoccupés par la poursuite des combats (...) et par les informations concernant des chars et des systèmes de missiles supplémentaires venus ces derniers jours de l'autre côté de la frontière, de Russie », a déclaré la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki. En outre, « des unités russes le long de la frontière avec l'Ukraine préparent la livraison d'équipements aux forces prorusses qui combattent dans l'est de l'Ukraine. Ce n'est clairement pas dans l'esprit de l'accord de cette semaine » signé à Minsk.
De plus, les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques mondiales (G7) ont également appelé au « strict respect » des accords de Minsk et se sont dit « prêts à adopter » des sanctions contre ceux qui violeraient cet accord, selon un communiqué transmis hier par la présidence française.
Pourtant, plus tôt dans la journée, la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini, en visite en Tunisie, avait déclaré que si le cessez-le-feu se concrétisait sur terrain à partir de dimanche, ce serait « le premier pas » vers une résolution de la crise.

« Pas de date »
De l'avis général, l'accord de Minsk 2 n'est qu'un semblant de paix qui ne prévoit pas de mécanismes concrets pour régler les questions litigieuses, en particulier le contrôle de la frontière dont 400 km sont tenus par les rebelles et par laquelle l'Ukraine et les Occidentaux accusent la Russie de faire transiter armes, combattants et troupes régulières.
Un contrôle ukrainien ? « Je n'y crois pas. Nous resterons là où nous sommes », a affirmé hier à l'AFP un responsable séparatiste à Ouspenka, l'un des postes-frontières face à la Russie. Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a par ailleurs reconnu hier devant les députés qu'il n'y avait « malheureusement pas de date » fixée pour le retrait des forces étrangères du territoire ukrainien.
D'autre part, le sort de Nadia Savtchenko détenue en Russie et dont Kiev réclame la libération, reste aussi en suspens. Malgré l'annonce dans Minsk 2 d'un échange des prisonniers et des otages, le Kremlin a souligné vendredi que dans le cas de cette pilote ukrainienne seule la justice russe pouvait statuer. « L'accord Minsk 2 a toutes les chances d'échouer dans les mois à venir et il faut s'attendre à une escalade des violences et au durcissement des sanctions cette année », estime dès lors Eurasia Group dans une note d'analyse.

Kiev attend une « escalade »
Sur le terrain, les combats se déroulaient sur toute la ligne du front et les « drones ennemis ont survolé toute la zone de conflit », a indiqué l'armée ukrainienne, qui a fait état de 28 personnes tuées, dont seize civils.
De plus, un bombardement au lance-roquette multiple Grad dans la ville d'Artemivsk, a fait trois morts dont un enfant de sept ans. « Cette nouvelle tragédie (...) touche une ville qui n'était absolument pas impliquée dans les opérations militaires en cours », a déclaré le président ukrainien. Contrôlée par l'armée ukrainienne, Artemivsk est située à plus de trente kilomètres de la ligne de front. L'armée a également fait état hier soir de combats faisant rage aux abords de Debaltseve, nœud ferroviaire stratégique à mi-chemin entre les capitales des « républiques » rebelles de Donetsk et de Lougansk, où les troupes ukrainiennes sont quasiment encerclées. C'est pourquoi plusieurs analystes pensent que les séparatistes vont tenter de reprendre Debaltseve d'ici à l'entrée en vigueur du nouveau cessez-le-feu. « L'Ukraine s'attend à une escalade et prend des mesures pour repousser les tirs », a déclaré le vice-ministre de la Défense Petro Mekhed en affirmant que les rebelles allaient tenter de prendre Debaltseve ainsi que le port stratégique de Marioupol sur les bords de la mer d'Azov.

Les rebelles séparatistes de l'est de l'Ukraine « attaquent les accords de Minsk » en bombardant des populations civiles, a déclaré hier le président ukrainien Petro Porochenko, accusant la Russie d'avoir « significativement augmenté » son offensive contre son pays depuis la signature de ces accords. Pendant ce temps, les États-Unis, absents à Minsk, ont accusé la Russie de continuer à déployer des armes lourdes dans l'est de l'Ukraine. « Nous sommes très préoccupés par la poursuite des combats (...) et par les informations concernant des chars et des systèmes de missiles supplémentaires venus ces derniers jours de l'autre côté de la frontière, de Russie », a déclaré la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki. En outre, « des unités russes le long de la frontière avec l'Ukraine préparent...
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