Des associations d'Alevis, une minorité musulmane libérale de Turquie, et un syndicat d'enseignants ont appelé hier un boycott des écoles publiques pour réclamer un « enseignement laïc » dans un pays dominé par la confession sunnite. Selon les médias turcs, ce mouvement a été largement suivi dans de nombreuses villes, dont Istanbul, Ankara et Izmir. Là, la police a dispersé une manifestation d'environ 2 000 personnes, pour la plupart des enseignants, avec des canons à eau et du gaz lacrymogène, a rapporté l'agence de presse Dogan. Au moins 40 personnes y ont été interpellées, selon le barreau de la ville. Parallèlement, environ 2 000 protestataires ont défilé dans le centre-ville d'Ankara et un millier d'autres à Istanbul, dans le quartier asiatique de Kadiköy.
Dans un arrêt rendu en septembre dernier, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé que l'apprentissage obligatoire des religions imposé en Turquie ne respectait pas la liberté de conviction des parents et demandé aux autorités une réforme « sans tarder » du système. Jusqu'à lors, seuls les élèves de confession chrétienne ou juive, les deux minorités religieuses reconnues en Turquie, peuvent en être dispensés.
Par ailleurs, un officier de police a été suspendu de ses fonctions hier après la publication sur les réseaux sociaux d'une vidéo le montrant en train de contraindre physiquement un de ses hommes à tirer des gaz lacrymogènes sur des manifestants. Rapporté par la presse turque, l'incident s'est déroulé jeudi dans la ville de Gaziantep lors de l'intervention des forces de l'ordre contre un rassemblement de 400 personnes qui protestaient contre la construction d'une zone industrielle.
Moyen Orient et Monde - Turquie
Les Alevis exigent un « enseignement laïc »
OLJ / le 14 février 2015 à 00h00

