Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Crise

Ban : Nous assistons à l’effondrement du Yémen

Les houthis dénoncent la fermeture des ambassades ; les combattants d'el-Qaëda ont conquis le camp de la 19e brigade d'infanterie à Baihan.

Des manifestants yéménites en faveur du mouvement chiite Ansarullah. Mohammad Huwais/AFP

« Nous assistons à l'effondrement du Yémen », a averti hier le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon en lançant devant le Conseil de sécurité un appel à agir pour éviter que le pays ne plonge dans le chaos. « Nous ne pouvons pas nous contenter d'assister impuissants » à cet effondrement, a-t-il ajouté devant les ambassadeurs du Conseil, qui ont ensuite entamé des consultations à huis clos sur la crise yéménite.
Tous ces défis constituent « une menace pour la paix et la sécurité régionale et internationale », a-t-il affirmé. Il a appelé « toutes les parties prenantes au Yémen à entamer des négociations et coopérer de bonne foi » afin de « rétablir dès que possible une autorité gouvernementale légitime ». « Nous devons tout faire pour aider le Yémen à éviter le précipice et restaurer le processus politique », a-t-il martelé. L'émissaire de l'Onu au Yémen, Jamal Benomar, a lui aussi tiré la sonnette d'alarme par vidéoconférence depuis Sanaa où il s'efforce de relancer des négociations après la prise du pouvoir par les miliciens chiites houthis. « La transition politique est en plein désarroi », a-t-il reconnu. Il a évoqué les risques d'une nouvelle sécession du sud du pays et d'une « résurgence d'el-Qaëda dans la péninsule Arabique ». S'il n'y a pas d'accord politique dans les prochains jours, a-t-il estimé, « il y a aussi une réelle possibilité d'effondrement du riyal », la monnaie locale, ce qui mettrait le pays en défaut de paiement et incapable de payer les salaires sans relancer la planche à billets. « Le Yémen est à la croisée des chemins : soit il plonge dans la guerre civile, soit il trouve un moyen de remettre la transition sur ses rails, a affirmé M. Benomar. Cela dépend de la volonté politique des dirigeants yéménites. »

« C'est pour les garder et les protéger... »
Sur le terrain, des combattants d'el-Qaëda ont conquis le camp de la 19e brigade d'infanterie à Baihan, une ville de la province Chabwa, dans le sud, après de violents combats qui ont fait au moins sept morts, dont trois soldats, selon un responsable local. El-Qaëda a confirmé sur Twitter cette conquête à Chabwa, une province qui échappe au contrôle des houthis. Les assaillants ont saisi dans le camp « 30 chars, 90 véhicules militaires, 25 blindés et 28 canons », a indiqué à l'AFP une source militaire, ajoutant qu'une médiation tribale était en cours pour obtenir un retrait d'el-Qaëda du site.
Par ailleurs, à Sanaa, des dizaines de miliciens houthis en armes ont tenté en vain mercredi soir d'avancer vers les locaux fermés de l'ambassade des États-Unis, selon des témoins. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont décidé de fermer leurs ambassades face à l'aggravation de la crise au Yémen, un allié de Washington dans la lutte contre el-Qaëda, plongé dans le chaos depuis la montée en puissance de la milice chiite. Une unité des forces spéciales yéménites, restée fidèle au président démissionnaire Abd Rabbo Mansour Hadi et qui assure la sécurité de la chancellerie américaine, s'est interposée. Elle a obligé les miliciens à battre en retraite « après un échange de tirs », a rapporté un habitant du quartier. Avant de partir brusquement et d'être évacués provisoirement vers Oman mardi soir, diplomates et militaires américains ont consciencieusement détruit documents et équipements sensibles, ainsi que des armes lourdes, abandonnant des voitures à l'aéroport international de Sanaa, selon le département d'État et le Pentagone. À l'aéroport, la milice s'est emparée de trois véhicules de l'ambassadeur américain Matthew Tueller et de ses collaborateurs, ainsi que de 25 véhicules de marines chargés de la sécurité de la chancellerie, selon des sources aéroportuaires.
Rejetant comme « absolument injustifiée » la fermeture par des pays occidentaux de leurs ambassades, Hussein al-Ezzi, « responsable des Affaires étrangères » au sein de la milice chiite, a accusé ces pays de chercher ainsi à exercer « des pressions » sur le peuple yéménite « dans sa quête de dignité, de souveraineté et d'indépendance ». Ces pays « vont rapidement réaliser qu'ils ont intérêt à traiter positivement avec la volonté du peuple yéménite qu'ils doivent respecter », a-t-il ajouté. Ce responsable a reconnu la saisie de véhicules américains, sans donner leur nombre, mais « c'est pour les garder et les protéger, d'autant que certains chauffeurs et employés locaux (de l'ambassade) ont voulu se les approprier », a-t-il indiqué. « Les autorités de l'aéroport de Sanaa sont prêtes à remettre ces véhicules à une quelconque partie fiable, comme le bureau des Nations unies » à Sanaa, a concédé ce responsable houthi. À Washington, la porte-parole du département d'État Jennifer Psaki a exigé que les voitures soient « rendues », jugeant « inacceptable » leur saisie.

« Nous assistons à l'effondrement du Yémen », a averti hier le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon en lançant devant le Conseil de sécurité un appel à agir pour éviter que le pays ne plonge dans le chaos. « Nous ne pouvons pas nous contenter d'assister impuissants » à cet effondrement, a-t-il ajouté devant les ambassadeurs du Conseil, qui ont ensuite entamé des consultations à huis clos sur la crise yéménite.Tous ces défis constituent « une menace pour la paix et la sécurité régionale et internationale », a-t-il affirmé. Il a appelé « toutes les parties prenantes au Yémen à entamer des négociations et coopérer de bonne foi » afin de « rétablir dès que possible une autorité gouvernementale légitime ». « Nous devons tout faire pour aider le Yémen à éviter le précipice et restaurer...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut