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Moyen Orient et Monde - Yémen

La menace de l’isolement prend les houthis de court

Les miliciens chiites acceptent de renouer le dialogue sous l'égide de l'Onu.

Des danseurs yéménites au cours d’un rassemblement de partisans du mouvement chiite houthi dans un stade du nord de Sanaa, le 7 février. Mohammad Huwais/AFP

Les miliciens chiites, menacés d'isolement après le rejet de leur coup de force par les principaux partis politiques yéménites et les monarchies du Golfe, se sont résolus à participer aujourd'hui à un dialogue sous l'égide de l'Onu.
Pour rappel, les miliciens chiites, dits houthis, ont annoncé vendredi la dissolution du Parlement et l'installation de nouvelles instances dirigeantes. Par conséquent, le secrétaire général de l'Onu a réclamé hier le rétablissement du président démissionnaire. Car le coup de force des houthis a également été dénoncé par les partis politiques yéménites, y compris par le parti de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, devenu pourtant leur allié. De son côté, le CPG, le plus grand parti du pays, majoritaire au Parlement, a reproché aux houthis d'avoir « nui à la légalité constitutionnelle ». À l'étranger, les houthis ont été violemment attaqués par les monarchies du Golfe qui ont dénoncé un « coup d'État » et menacé de « prendre les mesures pour défendre leurs intérêts » au Yémen, dont la sécurité est selon elles intimement liée à la leur. D'autre part, avant de se saisir du pouvoir, les houthis, soupçonnés de bénéficier d'une aide de l'Iran chiite, avaient été classés « groupes terroristes » en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Washington, pour qui le Yémen est un important allié dans la lutte contre le réseau extrémiste el-Qaëda, a aussi dénoncé leur coup de force, et le Conseil de sécurité des Nations unies a brandi la menace de sanctions si le dialogue politique ne reprenait pas.

Risque de guerre civile
La tension était en effet vive hier dans le sud et le sud-est du Yémen où les autorités locales ont annoncé « ne pas reconnaître » le pouvoir des houthis. Selon leur communiqué, ce rejet est partagé par les forces armées et de sécurité dans les provinces d'Aden, d'Abyane, de Lahj, de Chabwa, de Dhaleh et de Hadramout. D'intenses tractations s'y poursuivaient, impliquant notamment le Mouvement sudiste, dont une faction milite pour une sécession du sud du pays.
Dans la province pétrolière de Marib, à l'est de Sanaa, des chefs de puissantes tribus sunnites, farouchement opposées aux houthis, et le commandement régional de l'armée ainsi que celui de la police « se concertaient sur les moyens de faire face à toute éventualité », a déclaré le vice-gouverneur, Abdelwahed Namrane. Cette mobilisation fait suite à des informations selon lesquelles les houthis entendent avancer dans Marib « au nom de la lutte contre el-Qaëda », fortement implantée dans cette province, selon des habitants.
Parallèlement, hier, le ministère de l'Intérieur a annoncé l'interdiction des manifestations antihouthis, à moins qu'elles soient autorisées par le ministère. Celui-ci étant sous le contrôle direct de la milice chiite, de telles autorisations semblent très hypothétiques. « Les houthis ne peuvent pas gouverner à eux seuls le Yémen. Ils ne contrôlent que trois provinces du nord : Sanaa, Amrane et Saada », a noté l'analyste yéménite Ali al-Bakaly. « Les autres provinces leur échappent. S'ils tentent de s'y imposer, ils provoqueront une guerre civile » dans le pays où la population est fortement armée, a-t-il ajouté.
(Source : AFP)

Les miliciens chiites, menacés d'isolement après le rejet de leur coup de force par les principaux partis politiques yéménites et les monarchies du Golfe, se sont résolus à participer aujourd'hui à un dialogue sous l'égide de l'Onu.Pour rappel, les miliciens chiites, dits houthis, ont annoncé vendredi la dissolution du Parlement et l'installation de nouvelles instances dirigeantes. Par conséquent, le secrétaire général de l'Onu a réclamé hier le rétablissement du président démissionnaire. Car le coup de force des houthis a également été dénoncé par les partis politiques yéménites, y compris par le parti de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, devenu pourtant leur allié. De son côté, le CPG, le plus grand parti du pays, majoritaire au Parlement, a reproché aux houthis d'avoir « nui à la légalité...
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