May el-Khalil, présidente et fondatrice de la BMA, a de quoi être fière. Elle a réussi à réaliser un de ses multiples objectifs à long terme : faire du Marathon de Beyrouth un événement sportif international et mondial. Prochaine étape, le label d’or... Photos Beirut Marathon Association
Quatre ans presque, jour pour jour, après avoir reçu le label de bronze de la part de l'IAAF (International Association of Athletic Federations), cette dernière a confirmé et même renforcé sa décision en décernant à la Beirut Marathon Association (BMA), des mains de sa présidente et fondatrice May el-Khalil, le label d'argent (IAAF Silver Label Road Races). Signe que le Marathon de Beyrouth, la célèbre et désormais traditionnelle course à pied longue de 40,195 kilomètres que la BMA organise à l'automne de chaque année dans les rues de Beyrouth et sa banlieue, prend de plus en plus d'ampleur et d'importance aux yeux des plus hautes instances sportives internationales.
Le label d'argent, c'est surtout la récompense d'un exploit énorme que réalisent la BMA, en particulier, et le Liban, en général. C'est également le fruit de plusieurs années de labeur fourni par toute l'équipe, les bénévoles, les administrateurs et même les participants, qui ont travaillé sans relâche pendant toutes ces années (depuis 2004 et même avant) pour mener le Marathon de Beyrouth à la place qu'il occupe maintenant.
Outre son importance sur le plan moral, cette distinction place désormais le Marathon de Beyrouth sur un pied d'égalité avec d'autres courses qui possèdent ce même label, tels le Marathon de Madrid, de Hanovre, de Toronto ou encore de Sydney, qui attirent chaque année des centaines de coureurs faisant partie de l'élite mondiale.
Des champions internationaux dans les rues de Beyrouth ?
La décision de l'IAAF de décerner ce label à la BMA est mûrement réfléchie et, surtout, basée sur plusieurs critères : le sportif, l'organisation, la sécurité (en particulier), l'ambiance (avec le village du marathon qui ouvre chaque année ses portes au public une dizaine de jours avant l'événement proprement dit), la qualité des participants (Libanais et étrangers), ainsi que la couverture médiatique... Ce qui tend à prouver que le Marathon de Beyrouth est désormais quasiment parfait sur tous les plans.
Côté participation étrangère, ce label aura un impact également énorme sur les invités de marque ou vedettes qui faisaient l'impasse sur notre marathon national. La cause en est pour le moins insolite : même dotés d'un label de bronze, les dirigeants de la BMA se trouvaient dans l'impossibilité d'inviter les grands athlètes connus de la course à pied, et ce même en y déboursant le prix en récompenses, en espèces ou autres, car le monde du sport est finalement très hiérarchisé, contrairement à ce que l'on puisse penser. En effet, l'IAAF propose (et sa proposition tient plus d'une obligation ou d'une résolution) de choisir parmi un panel de candidats bien déterminés et, à mesure que cette compétition reçoit des qualifications et des récompenses, ce panel devient plus élargi et englobe des athlètes plus cotés.
Les choses vont désormais changer avec ce label d'argent, qui permettra à la BMA de piocher dans une liste contenant des coureurs beaucoup plus huppés. Ces derniers pourraient donc, dès la prochaine édition du marathon en novembre 2015, battre les pavés des rues de Beyrouth.
Finalement, ce label d'argent est le résultat logique de plusieurs années de labeur car un événement sportif de l'envergure du Marathon de Beyrouth ne se construit pas en quelques mois, mais dans la durée et la continuité. La BMA est actuellement sur la bonne voie pour réaliser ses objectifs à long terme, à savoir faire du Marathon de Beyrouth un événement sportif international et mondial dans le vrai sens du terme, et non le limiter à une compétition locale dans le but d'animer les rues de Beyrouth un dimanche d'automne.

