Le robot MEDi est conçu pour aider l’enfant en milieu médical à surmonter la douleur et la peur.
Des bracelets qui mesurent la graisse corporelle aux robots qui accompagnent les enfants dans leur chimiothérapie, le marché grouille d'appareils promettant une vie plus saine.
«Il n'y a jamais eu autant d'accessoires prêt-à-porter électroniques pour la santé, indique à l'AFP Stephen Baker, analyste du cabinet NPD. Il y a des tas de petites entreprises qui essayent de se faire une place sur un marché qui explose.»
Parmi la multitude de bracelets proposant de mesurer son activité, son sommeil et même son humeur, Inbody sort un peu du lot en allant jusqu'à quantifier la masse graisseuse de son utilisateur.
Il doit être commercialisé en mars pour 180 dollars et suscite déjà «beaucoup d'intérêt», affirme Brian Galman, qui représente la société au Salon.
Inbody a déjà conçu dans le passé des balances envoyant un très faible courant électrique à travers le corps pour analyser sa composition. D'après Brian Galman, elles sont utilisées par des équipes de sport professionnel, des centres médicaux, l'armée américaine, des clubs de gym haut de gamme, ou sur le campus de Google.
Stress et mal au dos
Des sociétés comme la californienne Neurosky ou la française Melomind mesurent pour leur part l'activité cérébrale avec l'ambition de réduire le stress.
L'entreprise suisse Valedo Therapy a inventé un coach du dos numérique. «Il y a un aspect médical et un aspect ludique», indique Robert MacKenzie de Valedo: des capteurs sur la poitrine et le dos de l'utilisateur envoient des signaux à un iPhone ou un iPad, et sont synchronisés avec des jeux vidéo conçus pour faire des exercices
thérapeutiques.
Le canadien RxRobots fabrique, lui, de petits robots humanoïdes baptisés MEDi, conçus pour aider les enfants en milieu médical à surmonter la douleur et la peur associées à des traitements allant du simple vaccin à la chimiothérapie.
Les logiciels des robots, déjà utilisés dans des hôpitaux au Canada et bientôt aux États-Unis, ont été conçus avec l'aide d'un psychologue pour enfants et intègrent la reconnaissance de la voix et du visage, explique l'anesthésiste Gerald Bushman, qui travaille dans un hôpital pour enfants de Los Angeles et a servi de conseiller pour le produit.
«MEDi est conçu non seulement pour distraire l'enfant, mais aussi pour lui apprendre des mécanismes de contrôle lui donnant une certaine maîtrise de son environnement», indique-t-il.
La société française Visiomed se consacre, elle, à ses thermomètres sans contact ThermoFlash, qu'on se contente de pointer vers la tempe d'une personne pour mesurer sa température. Ils sont utilisés entre autres par l'Organisation mondiale de la santé et l'Otan dans la lutte contre Ebola.
Une version pour les particuliers, lancée cette semaine aux États-Unis, se synchronise avec des applications pour smartphone qui conseillent des mesures à prendre ou quoi dire aux médecins en cas
d'urgence.
D'autres sociétés intègrent aussi des thermomètres, qui avec une tétine pour bébé, qui avec des patches, avec dans les deux cas des envois de notifications sur le smartphone ou la tablette des parents.
Prévention
«Ce qui est vraiment enthousiasmant, c'est ce que la santé connectée apporte aux gens en termes de prévention et de réduction des risques», indique François Teboul, directeur médical chez
Visiomed.
Les bracelets de fitness et autres appareils mesurant le sommeil, les pas et autres sont généralement vite abandonnés, d'après les analystes. Ils pourraient convaincre davantage dans la durée si leurs données pouvaient fournir aux personnels médicaux, voire aux assureurs-santé, des données personnalisées permettant de lancer des traitements plus tôt, ou de réduire les cotisations.
«Connaître la température, le nombre de pas, ou si on a bien dormi, c'est la partie facile, commente Frank Gillett, un analyste du cabinet de recherche Forrester. Mais comment injecte-t-on cette technologie dans le système de soin (...) pour prédire les problèmes et les traiter de manière
précoce?»
«Entre les mains d'un médecin ou d'une institution médicale, ce type de données a une valeur énorme; elles peuvent surveiller les évolutions et les remettre en contexte avec des dossiers médiaux», fait ainsi valoir Pedro Vecchi, chez Neurosky.

