Dans un entretien au magazine américain Foreign Affairs publié lundi, il affiche par ailleurs son scepticisme sur la représentativité des opposants qui doivent participer à partir de lundi à une réunion à Moscou avec le régime.
Washington, qui soutient l'opposition syrienne depuis le début de la révolte, il y a quatre ans, a rendu public son plan de former au Qatar, en Arabie saoudite et en Turquie plus de 5.000 rebelles triés sur le volet afin de combattre l'EI, qui sème la terreur en Syrie et en Irak.
Pour Bachar Assad, ces rebelles sont une force "illégale" et seront traités par l'armée comme les autres insurgés, qualifiés de "terroristes" depuis le début de la révolte en 2011 contre son régime.
"Ils seront combattus comme toutes les autres milices illégales combattant l'armée syrienne", a-t-il dit.
"La majorité de ces 5.000 (combattants) venus de l'extérieur fera défection et rejoindra l'EI et les autres groupes. Il s'agit d'une idée chimérique", a-t-il dit.
Un des problèmes de l'administration américaine est de repérer qui sont les militants susceptibles de bénéficier de l'entraînement, et de vérifier qu'ils n'ont pas de liens avec l'EI.
Le président syrien s'est montré dubitatif sur le sérieux de la campagne de frappes, menée par les États-Unis, contre les jihadistes.
"Ce que nous avons vu jusqu'à présent c'est de la poudre aux yeux, rien de réel. Les États-Unis ont-ils exercé une quelconque pression pour que la Turquie cesse son soutien à Al-Qaïda? non", a-t-il dit.
Le gouvernement syrien accuse régulièrement Ankara d'appuyer les groupes rebelles, dont Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.
Le chef de l'État a affiché sa conviction que seule une solution politique mettra fin à la guerre civile mais doute du résultat de la réunion organisée par son allié russe cette semaine à Moscou.
Le dialogue, qui doit s'ouvrir lundi, doit réunir des membres du gouvernement syrien et des opposants à titre individuel, mais pas la coalition de l'opposition, reconnu par l'Occident.
"Avec qui négocie-t-on?" a demandé M. Assad. "Nous, nous avons des institutions, une armée (...) mais les gens que nous allons rencontrer, que représentent-ils?".
Le régime a toujours répété que l'opposition en exil ne représentait pas les Syriens de l'intérieur, l'accusant d'être une "marionnette" aux mains de Doha, Ryad et Washington.
Bachar al-Assad a également critiqué le raid israélien le 18 janvier en territoire syrien qui a coûté la vie à des combattants du Hezbollah libanais et à un général iranien des Gardes de la révolution.
Des sources israéliennes avaient indiqué avoir agi de manière préventive pour empêcher une attaque mais Assad a qualifié ceci "d'excuses".
"Il n'y a jamais eu d'opérations contre Israël à partir du plateau du Golan depuis le cessez-le-feu de 1974. Alors quand Israël dit qu'il y avait une opération en cours, c'est loin de la réalité, c'est juste une excuse pour assassiner des membres du Hezbollah".
L'Iran a envoyé des conseillers militaires en Syrie tandis que le Hezbollah a envoyé des milliers d'hommes combattre les rebelles, accusé par Damas, d'être soutenus par Israël.
"Certains en Syrie plaisantent: Comment pouvez vous dire qu'Al-Qaïda n'a pas une aviation? Ils ont l'armée de l'air israélienne".


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