Affiche du film « Timbuktu ».
Les autorités belges ont décidé hier de maintenir un « festival du cinéma qui dérange » organisé à Tournai avec une projection du film Timbuktu pour montrer leur volonté de ne pas céder aux menaces terroristes.
Rappelons que Le Ramdam festival, organisé du 20 au 27 janvier au complexe Imagix de Tournai, avait été annulé jeudi après la décision des autorités municipales de fermer le cinéma à la suite de menaces d'attentat. De plus, le musée Hergé de Louvain-la-Neuve avait décidé pour les mêmes raisons de sécurité d'annuler une exposition en hommage à Charlie Hebdo.
Le ministre de l'Intérieur Jan Jambon a déploré ces décisions dictées par la peur. « C'est de l'autocensure. Je ne vais pas intervenir, c'est leur liberté, mais intellectuellement, je trouve ça dommage », a-t-il déclaré dans un entretien samedi au quotidien Le Soir rapporté par l'AFP. D'autre part, d'après lui, « ce n'est pas nécessaire (d'annuler). Cela revient à dire qu'il suffit de brandir des menaces pour que la société se censure. Notre démocratie est le meilleur système politique du monde, nous devons nous défendre contre les menaces, mais pas par l'autocensure », a-t-il ajouté, comprenant « très bien que les gens sont inquiets. Le risque zéro n'existera jamais. On a prouvé que nos services sont attentifs et capables d'intervenir avant les attaques. La police et l'armée dans les rues sont là pour défendre les citoyens et les institutions. Mais je suis très attentif. Je n'ai pas envie d'une société inquiète, qui panique. Il n'y a pas de raison. On doit bien sûr être attentifs. Mais il n'y a aucune raison de paniquer », a insisté M. Jambon.
Ainsi, suite à la décision du maintien du festival, les organisateurs ont rappelé que celui-ci « a donné la parole à des sensibilités plurielles et a prôné des valeurs d'ouverture sur le monde, de dialogue, de tolérance, de liberté et d'échange » depuis sa création en 2011. Enfin, la programmation a prévu en « coup de cœur » la projection du film Timbuktu, film magistral d'Abderrahmane Sissako sur la vie quotidienne à Tombouctou occupé par les islamistes, première œuvre mauritanienne candidate à l'oscar du meilleur film étranger.
(Sources : AFP)


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