Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. John MacDougall/AFP
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a jugé hier que les négociations avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien étaient « dans une phase décisive », lors d'une rencontre avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. « Nous devons effectivement utiliser maintenant ce nouvel intervalle de temps jusqu'à juillet, nous devons tout mettre en œuvre pour trouver une solution à laquelle nous ne sommes pas parvenus ces dernières années », a-t-il ajouté. De son côté, le ministre iranien a souligné que 11 ans avaient été perdus. « Les conditions ne sont pas devenues meilleures », selon lui. « C'est pourquoi nous devons saisir l'opportunité de justice, de paix, de sécurité », a-t-il ajouté, selon une traduction en allemand. Parallèlement, le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Bob Corker, a prédit hier que le débat parlementaire sur le nucléaire iranien démarrerait dans les prochaines semaines au Sénat, de nombreux élus cherchant à adopter de nouvelles sanctions contre Téhéran. Deux voies distinctes, voire concurrentes, sont envisagées pour que le Congrès fasse pression sur l'exécutif américain afin d'influencer le contenu de tout accord final sur le nucléaire iranien entre les pays du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) et l'Iran, avant la date butoir du 1er juillet.
La première voie, initiée par Bob Corker, vise à adopter une loi obligeant le président Barack Obama à soumettre tout accord sur le nucléaire à un vote du Congrès. Pour que l'accord signé par les grandes puissances puisse entrer en vigueur, il faudrait que le Congrès l'approuve. La seconde voie, proposée par le démocrate Robert Menendez et le républicain Mark Kirk, prend la forme d'une loi qui déclencherait de nouvelles sanctions quasi automatiquement à une date prédéterminée, au cas où Téhéran refuserait de signer un accord final, ou ne respectait pas ses engagements.
Par ailleurs, les députés iraniens discutent d'un projet de relance à grande échelle du programme nucléaire controversé si l'Occident impose de nouvelles sanctions économiques à leur pays, a affirmé hier le président du Parlement, Ali Larijani. De leur côté, les réformateurs iraniens se sont réunis hier à Téhéran pour la première fois depuis cinq ans, avec l'ambition de reprendre le Parlement aux conservateurs l'an prochain en profitant de l'élan qui avait porté Hassan Rohani à la présidence en 2013. Enfin, le secrétaire d'État américain John Kerry pourrait rencontrer de nouveau M. Zarif, lors de sa venue aujourd'hui à Paris, mais aucune décision n'a encore été prise à ce sujet.
(Sources : agences)

