Le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif avant leur réunion à Genève. Rick Wilking/Reuters
Américains et Iraniens ont eu des entretiens « substantiels » hier à Genève, dans leurs efforts pour accélérer les négociations en vue d'un accord sur le dossier nucléaire iranien. En effet, le secrétaire d'État John Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif se sont entretenus « pendant environ 5 heures et ont discuté d'un grand nombre de problèmes », selon un haut responsable américain. « Je pense que c'est important et que cela montrera la disponibilité des deux parties pour avancer et accélérer le processus », a affirmé Mohammad Javad Zarif avant sa rencontre avec le diplomate américain. « Toutes les questions sont difficiles jusqu'à ce qu'on les résolve », a-t-il ajouté. Les Occidentaux « en particulier ne doivent pas présenter de nouvelles lignes rouges », a souligné M. Zarif, sans être plus précis sur d'éventuelles nouvelles demandes des grandes puissances.
Ainsi, les experts iraniens et américains ont prévu des bilatérales aujourd'hui, demain et samedi avant une réunion dimanche de l'Iran avec le groupe P5+1 (USA, Russie, Chine, Royaume Uni, France et Allemagne) sous l'égide de la diplomatie de l'Union européenne (UE). Enfin, vendredi prochain, une rencontre entre les ministres français et iranien des Affaires étrangères, Laurent Fabius et Mohammad Javad Zarif, se tiendra à Paris.
Les négociations bloquent notamment sur la volonté de l'Iran de conserver le droit d'enrichir de l'uranium, qui dans certains cas pourrait servir à la fabrication d'une bombe nucléaire. Il y a aussi des désaccords sur les sanctions globales qui frappent durement l'économie iranienne, l'Iran voulant une levée totale alors que Washington défend une suspension temporaire et graduelle.
Le compte à rebours est engagé
Pour rappel, John Kerry avait assuré un peu plus tôt dans la semaine qu'il cherchait « à accélérer le processus pour faire plus de progrès ». En effet, il existe chez les diplomates un sentiment d'urgence devant le temps qui s'écoule. L'ambassadrice américaine auprès de l'Onu Samantha Power a mis en garde lundi contre le recours à de nouvelles sanctions qui torpilleraient probablement la négociation. « Si nous appuyons sur la gâchette de nouvelles sanctions maintenant, nous passerions d'un isolement de l'Iran à notre propre isolement », a-t-elle dit.
En outre, selon l'accord intérimaire entré en vigueur en janvier 2014, l'Iran a accepté de limiter l'enrichissement d'uranium avec en contrepartie un aménagement relatif de certaines sanctions, dont le déblocage de 7 milliards de dollars de revenus pétroliers sur les quelque 100 milliards gelés dans des banques dans le monde.
(Sources : agences)

