Les rapports amoureux sont-ils soumis à la loi de l'offre et de la demande ? Les hommes, qui ont la réputation d'être volages, semblent plus enclins à s'engager lorsque les femmes sont moins nombreuses qu'eux, souligne une étude réalisée auprès d'Amérindiens du Guyana.
Lorsque les femmes se font plus rares, « elles peuvent exiger des relations de fidélité et d'engagement et les hommes y répondent », car sinon ils risquent d'être évincés, explique à l'AFP l'anthropologue Ryan Schacht, auteur principal de l'étude parue hier dans The Royal Society Open Science. « Cela va à l'encontre de l'idée traditionnelle selon laquelle, lorsque les femmes manquent, les hommes sont susceptibles de se battre » et de multiplier les rencontres sexuelles de court terme, souligne-t-il. « La sagesse populaire et les sciences de l'évolution posent qu'en amour, les hommes et les femmes recherchent fondamentalement des types de relation différents », rappelle Ryan Schacht.
Les hommes sont censés vouloir des relations de court terme, alors que les femmes tiennent aux relations longues et aux partenariats loyaux. Raison traditionnellement avancée ? Les différences biologiques entre hommes et femmes. Les femmes investissent davantage dans la reproduction que les hommes car avoir un enfant a plus de conséquences pour elles et mal choisir son partenaire peut leur coûter cher. « Pour l'homme, la reproduction peut se traduire par une simple relation sexuelle, sans coût à long terme », poursuit le chercheur. Mais cette vision est trop « stéréotypée » et on ne peut pas se contenter de s'appuyer seulement sur les différences biologiques pour comprendre les comportements sexuels, relève l'anthropologue.
Le chercheur a cherché à tester l'influence du « sexe ratio », ou rapport de masculinité, c'est-à-dire le nombre d'hommes rapporté au nombre de femmes dans un ensemble donné. Avec son épouse, il a travaillé en 2010 et 2011 auprès de huit communautés rurales d'Indiens Makushi, vivant au sud du Guyana, petit État d'Amérique du Sud. « Quand les femmes sont plus nombreuses que les hommes, ces derniers semblent particulièrement enclins à désirer davantage de relations sexuelles sans engagement », note l'étude. « À l'inverse, les hommes semblent moins prêts à se lancer dans des relations sans engagement lorsqu'ils sont en surnombre », poursuit l'étude. Les femmes pour leur part ne changent pas d'attitude en fonction de ce ratio.
Toutefois, il faut également prendre en compte les facteurs culturels, nuance le chercheur. Si les individus appartiennent à une société patriarcale contrôlée par les hommes, le manque de femmes a toutes les chances d'accroître la domination masculine sur elles, estime-t-il.


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