Le pape François lors de son discours hier au Vatican. Claudio Peri/Pool/Reuters
Le pape François a dressé hier un tableau très sombre du monde, fustigeant les « formes déviantes de religion » et les fondamentalistes qui massacrent au nom d'un Dieu relégué « au rang de pur prétexte idéologique » en France, en Irak ou encore au Nigeria. Ainsi, dans le cadre solennel de son discours annuel devant le corps diplomatique au Vatican, le pape a dénoncé la déviance des terroristes qui voient « les autres comme des objets », comme lors du « tragique massacre » de Paris ces derniers jours. Par ailleurs, Jorge Bergoglio a renouvelé son appel aux « responsables religieux, politiques et intellectuels, en particulier musulmans », à condamner « toute interprétation fondamentaliste et extrémiste de la religion ». Il a en outre déclaré que « l'être humain devient esclave (...) parfois même de formes déviantes de religion » en considérant le terrorisme fondamentaliste qui ensanglante la Syrie et l'Irak comme une « conséquence de la culture du rejet appliquée à Dieu ». De plus, Sa Sainteté a répété, alors que les violences menacent les chrétiens dans la région, qu'un « Moyen-Orient sans chrétiens serait un Moyen-Orient défiguré et mutilé ».
Les plus touchés : les petits
« Des formes de semblables brutalités qui fauchent souvent ceux qui sont les plus petits et ceux qui sont sans défense ne manquent pas », a-t-il dit, évoquant « les violences sans discernement au Nigeria », où la secte islamiste Boko Haram massacre des villageois et enlève des jeunes filles. Autre « horrible crime » dans les conflits, les viols infligent aux femmes « un traumatisme qui pourra difficilement être effacé et dont les conséquences sont aussi de caractère social ». Là aussi, la voix du pape s'est brisée. « Les conséquences dramatiques de la mentalité du rejet et de la culture de l'asservissement sont le déferlement continuel des conflits », a-t-il expliqué en citant la Libye, la Centrafrique, la Corne de l'Afrique, le Soudan, la RDCongo.
Les « exclus cachés »
Pour le pape François, cette violence qui plonge la planète dans « une vraie guerre mondiale morcelée » a d'abord des racines sociales et sociétales : « une mondialisation uniformisante qui rejette les cultures », le « drame du refus » auquel sont confrontés les migrants « victimes de bourreaux avides d'argent » mais aussi « les exclus cachés » que sont certaines personnes âgées ou handicapées ainsi que les jeunes sans emploi.
Ensuite, sans allusion directe à l'avortement et à l'euthanasie, François a évoqué toutes « les vies rejetées » et envoyé une pique aux mentalités et législations occidentales sur la famille. « Il n'est pas rare que la famille soit objet de rejet », a-t-il dit, en dénonçant « le phénomène dramatique de la dénatalité » et « des législations qui privilégient différentes formes de cohabitation », dans une allusion implicite au divorce et au mariage homosexuel.
Ainsi, le pape a mentionné fort peu de bonnes nouvelles en 2014, saluant essentiellement le dialogue entre Cuba et les États-Unis « après un silence réciproque qui a duré plus d'un demi-siècle », sans aucunement s'étendre sur le rôle de médiation tenu par le Vatican. Enfin, très sensible aux questions de développement et à l'écologie, le pontife argentin a terminé son discours en évoquant les rendez-vous de l'année sur ces sujets et en souhaitant en particulier « un nouvel accord sur le climat » lors de la conférence prévue en décembre à Paris.
Pour finir, le pape s'est envolé hier soir pour le Sri Lanka, première étape d'un voyage d'une semaine qui doit aussi le conduire aux Philippines.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine