L’équipe de « Boyhood » au grand complet. De gauche à droite : le producteur Jonathan Sehring, le réalisateur Richard Linklater, l’actrice Lorelei Linklater, la productrice Cathleen Sutherland, les acteurs Patricia Arquette et Ellar Coltrane, le producteur John Sloss et l’acteur Ethan Hawke. Le long métrage a été sacré meilleur film dramatique aux Golden Globes Awards. Kevin Winter/Getty Images/AFP
Boyhood a été sacré, dimanche la nuit à l'hôtel Hilton de Beverly Hills, meilleur film dramatique aux Golden Globes Awards, a rapporté hier matin l'AFP. « C'est un film très personnel pour moi », a déclaré Richard Linklater, qui a aussi reçu le Golden Globe du meilleur réalisateur, dédiant son prix « aux familles qui traversent ce monde et font de leur mieux ». Boyhood relate l'enfance d'un petit garçon (Ellar Coltrane) qui devient un homme dans une famille déchirée. Émouvant et unique en son genre, il a été tourné sur plus d'une décennie (12 ans) dans le plus grand secret avec les mêmes comédiens : Ellar Coltrane, que l'on voit grandir sous nos yeux, Patricia Arquette, qui joue sa mère et a été nommée meilleure actrice dans un second rôle, et Ethan Hawke.
Tout au long de la soirée, de vibrants hommages ont été rendus aux 17 victimes des attentats jihadistes en France, qui ont notamment visé l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché cachère à Paris, a encore indiqué l'AFP. « Aujourd'hui était une journée extraordinaire, il y avait des millions de personnes dans la rue, pas seulement à Paris, mais aussi dans le monde entier », a déclaré George Clooney en recevant le prix Cecil B. DeMille, honorant sa carrière et son engagement humanitaire. « Nous ne marcherons pas dans la peur. Nous ne le ferons pas... Alors, "je suis Charlie" », a-t-il dit en français, tout comme Jared Leto, qui a ajouté : « On vous aime. » Il a aussi espéré que les attentats en France ne vont pas alimenter un sentiment antimusulman.
En début de soirée, Theo Kingma, président de la Hollywood Foreign Press Association, qui remet les Golden Globes, avait affirmé : « Nous devons être unis face à quiconque voudrait réprimer la liberté d'expression, partout, de la Corée du Nord à Paris », suscitant une ovation debout. Il faisait aussi allusion à l'attaque informatique subie par Sony Pictures pour faire annuler la sortie du film parodique L'interview qui tue ! attribuée par les États-Unis à Pyongyang. Amy Adams, sacrée meilleure actrice dans une comédie pour Big Eyes, a affirmé que son « cœur est avec tout le monde à Paris et tous ceux qui sont victimes de la violence ».
Pour leur part, les maîtresses de cérémonie Tina Fey et Amy Poehler n'ont cessé de faire allusion à l'attaque informatique de Sony Pictures. « Ce soir, nous célébrons (...) tous les films qui ont été approuvés par la Corée du Nord », ont-elles lancé, tandis qu'une pseudo journaliste et militaire nord-coréenne s'est levée pour faire un « selfie » avec Meryl Streep avant de monter sur scène.
Films à petit budget
C'est Grand Hotel Budapest, de Wes Anderson, qui a été nommé meilleure comédie, battant le favori Birdman, d'Alejandro Inarritu, reparti avec deux prix, dont celui du meilleur scénario. Son interprète Michael Keaton a été sacré meilleur acteur dans une comédie pour le rôle d'un ex-comédien de films de superhéros qui tente de renouer avec la gloire au théâtre. Lui-même avait jadis joué Batman. Parmi les multiples prix remis, l'artiste britannique Eddie Redmayne a été sacré meilleur acteur dans un film dramatique pour Une merveilleuse histoire du temps, sur le cosmologue de génie paralysé Stephen Hawking. La radieuse Julianne Moore a quant à elle été primée pour son interprétation, dans Still Alice, d'une femme malade d'alzheimer. En télévision, « The Affair », mi-liaison extraconjugale torride, mi-polar, et « Transparent », sur un père de famille transgenre qui fait son « coming-out », ont été récompensées.
Le palmarès, décerné par les quelque 90 membres de la Hollywood Foreign Press Association, a privilégié les films à petit budget, comme Boyhood (2,4 millions de dollars) ou Birdman (18 millions), par comparaison aux grosses productions comme Les gardiens de la galaxie, film américain aux plus fortes recettes l'an dernier, qui a coûté la bagatelle de 170 millions de dollars.
L'industrie du cinéma tourne maintenant ses yeux vers l'Academy of Motion Pictures Arts and Science, qui décernera les prestigieux oscars le 22 février, a enfin souligné l'AFP.

