Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé que les négociations en cours entre les FL et le Courant patriotique libre ont commencé à donner leurs fruits et rappelé qu'il n'avait pas l'intention de se suffire d'un dialogue de pure forme entre les deux parties.
M. Geagea s'exprimait dans le cadre d'une interview publiée hier par le journal koweïtien as-Siassa, au lendemain d'une nouvelle réunion entre les négociateurs, le député Ibrahim Kanaan pour le CPL et le responsable de la communication au sein des FL, Melhem Riachi. Cette réunion s'est tenue à Maarab sous l'égide de M. Geagea.
Les discussions entre les deux parties visent à ce stade à mettre au point un ordre du jour commun portant sur l'ensemble des sujets de désaccord en prévision d'une rencontre au « sommet » entre M. Geagea et le général Michel Aoun. Ce dernier a, jusqu'ici, supervisé à Rabieh deux réunions de négociations, et le chef des FL une à Maarab, ce qui illustre la volonté des deux leaders d'afficher l'importance qu'ils accordent à ces pourparlers.
« Le dialogue a, en pratique, déjà commencé par le biais des émissaires des deux parties et du fait de l'échange des documents de travail entre le CPL et les FL », déclare à as-Siassa le chef des Forces libanaises.
« Nous répétons que nous ne voulons pas d'un dialogue de pure forme qui se tienne uniquement pour la photo », souligne-t-il avant d'ajouter : « Notre approche du dialogue a commencé à donner ses fruits, et cela s'est traduit par le retrait des plaintes en justice entre les deux parties, ce qui a contribué à réduire les crispations entre nous. »
M. Geagea insiste, en outre, sur le fait que le dialogue FL-CPL ne se limite pas au dossier de la crise présidentielle. « Il porte aussi sur d'autres thèmes essentiels, à propos desquels nous voulons parvenir à une vision claire », explique-t-il.
Interrogé sur la présidentielle, le chef des FL estime que l'élection d'un président de la République pourrait avoir lieu le 28 du mois courant, date à laquelle a été fixée la prochaine séance électorale de la Chambre, et même auparavant, « pour peu que les blocs parlementaires qui ont boycotté jusqu'ici ces séances décident de se rendre au siège du Parlement et de voter pour élire un chef de l'État ».
« Le boycottage des séances électorales est totalement inacceptable. Les députés concernés assument la responsabilité de la paralysie du pays dans les divers domaines. L'unique solution pour en finir avec la crise présidentielle consiste à faire en sorte que tous les députés se rendent au siège de la Chambre et votent pour le candidat qu'ils désirent. Quel que soit le vainqueur, nous le féliciterons tous et traiterons avec lui sur la base qu'il est le président de la République », souligne-t-il.
Pour lui, cette élection sonnera le signal du redémarrage de la vie politique, à travers la formation d'un nouveau gouvernement, l'adoption d'une nouvelle loi électorale et la tenue de législatives. Puis ce sera, dans une phase ultérieure, le tour des réformes politiques, financières, économiques et sociales.
Sur un autre plan, M. Geagea, qui était vraisemblablement interrogé avant le double attentat-suicide de Jabal Mohsen, affirme que la stabilité restera assurée au Liban « non pas parce qu'il y a un parrainage international du Liban, mais parce que les grands partis libanais sont d'accord entre eux sur le maintien de la stabilité et qu'il existe une unanimité face à tous les groupes extrémistes ».
Il appelle néanmoins le Hezbollah à se retirer au plus vite de Syrie et exhorte d'autre part la communauté internationale à aider davantage le Liban dans le dossier des réfugiés syriens.
De son côté, interrogé par le même journal, Melhem Riachi explique qu'il mène avec son interlocuteur, Ibrahim Kanaan, des « négociations au plein sens du terme et qui portent sur tous les sujets de désaccord » entre les deux formations.
« Nous discutons des questions litigieuses entre les FL et le CPL depuis leur genèse », ajoute-t-il, précisant que la rencontre Aoun-Geagea serait « une partie du processus de négociations ». Sans donner de date, il souligne qu'une telle rencontre « n'est plus lointaine ».


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Mais, pourvu que ces "fruits" ; yîîîh ; ne soient pas déjà pourris !
11 h 19, le 13 janvier 2015