L’armée ukrainienne a déployé des renforts de chars dans l’Est rebelleز Sergeï Supinsky/AFP
Quatre soldats et quatre civils ont été tués ces dernières 48 heures dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine, au moment où Kiev, Moscou, Berlin et Paris s'activaient à aplanir les différences en vue d'un sommet de paix crucial avec Vladimir Poutine, a rapporté hier l'AFP. Ce bilan marque un regain de violence sans précédent depuis l'instauration il y a un mois d'une nouvelle trêve dans l'Est rebelle, a précisé l'agence de presse, et confirme les difficultés à relancer un processus de paix dans l'impasse.
Les ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, français et allemand se sont à nouveau entretenus par téléphone hier après-midi. Ils ont convenu d'une rencontre lundi à Berlin pour poursuivre la préparation d'un sommet très attendu entre leurs chefs d'État, ont annoncé les ministres ukrainien et allemand. Le ministre ukrainien, Pavlo Klimkine, a toutefois laissé entendre que ce rendez-vous téléphonique n'avait pas été très fructueux. Son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, a de son côté reconnu que la « route reste longue et sinueuse jusqu'à une pleine mise en œuvre des accords de Minsk », signés en septembre entre Kiev et les séparatistes avec la participation de Moscou et de l'OSCE.
Le président ukrainien, Petro Porochenko, avait annoncé fin décembre la tenue d'un sommet dans le format dit « Normandie » (Ukraine, Russie, France, Allemagne) le 15 janvier à Astana, la capitale du Kazakhstan, une date qui n'a toujours pas été confirmée par les autres protagonistes au dialogue. « Une rencontre au sommet ne peut se concevoir qu'avec des progrès tangibles. Nous en sommes encore loin », a précisé hier le ministère allemand des Affaires étrangères.
Entre-temps, il y a eu hier des contacts par Skype entre les séparatistes prorusses et le groupe de contact composé de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE, a indiqué à l'AFP Denis Pouchiline, émissaire de la république autoproclamée de Donetsk. M. Pouchiline a en outre dit espérer que le sommet d'Astana puisse stimuler les pourparlers de Minsk impliquant les rebelles.

