Il y a quelques jours déjà, l'ambassadeur de Syrie accueillait chaleureusement la décision d'imposer l'octroi d'un visa aux Syriens désireux de se rendre au Liban. Après les clarifications données par le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, qui a assuré qu'il s'agissait juste de mesures régulatrices et de formulaires à remplir, l'ambassadeur a d'abord salué ces propos avant de faire remarquer hier que « la décision d'imposer des visas aux Syriens n'a pas été proposée au cabinet ». « Le gouvernement libanais va sûrement réaliser cela, à défaut de quoi nous serons obligés de recourir à l'escalade », a-t-il assuré lors d'une entrevue accordée à la chaîne OTV.
Dans l'après-midi, pourtant, le diplomate s'était rendu à Aïn el-Tiné pour féliciter le président de la Chambre Nabih Berry pour la nouvelle année. Après la rencontre, le diplomate a assuré que selon M. Berry, « il n'y a pas de visas entre le Liban et la Syrie, mais des mesures de régulation ». « La Syrie a toujours appelé à la collaboration et il nous importe que les deux pays coopèrent également dans la lutte contre le terrorisme », a-t-il ajouté.
Les propos de l'ambassadeur ont toutefois vite fait de susciter un flot de réactions. Si l'ancien Premier ministre Sélim Hoss a estimé que « la décision concernant l'entrée des Syriens ne reflète pas les relations fraternelles entre les deux pays », et qu'elle devrait être révisée, le coordinateur général du 14 Mars Farès Souhaid a regretté le maintien de l'ambassade de Syrie au Liban, « sachant que le régime syrien ne gère plus qu'une partie minime de son territoire ». De son côté, le ministre des Affaires sociales Rachid Derbas a rappelé que « le but principal des nouvelles mesures aux frontières est de limiter l'entrée des Syriens en mettant un terme à l'afflux de réfugiés ». « Il s'agit d'une procédure ordinaire et non pas d'une décision à caractère vindicatif ou politique qui justifierait une réaction de la partie syrienne », a-t-il poursuivi, tout en précisant que celle-ci a le droit de prendre des mesures similaires à ses frontières. Il s'est également dit surpris des réactions négatives du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et des États-Unis, rappelant que la décision de mettre fin à l'afflux de réfugiés a été annoncée il y a quatre mois à tous les États.
C'est dans ce sens aussi que le chef du Mouvement du changement Élie Mahfoud a estimé que « la décision d'imposer des visas aux Syriens est une affaire strictement libanaise ». Exhortant le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil à convoquer l'ambassadeur syrien « qui intervient clairement dans les affaires intérieures libanaises », M. Mahfoud a rappelé que le régime syrien et son président ont empêché le projet de délimitation des frontières entre les deux pays, ce qui a engendré de nombreux problèmes.
Pendant ce temps, hier, les autorités syriennes empêchaient des camions libanais d'entrer en Syrie à travers les passages frontaliers de Abboudiyé et de Arida, sans donner de justification claire...


Le "prochain" président libanais devra le chasser.... à coup de pieds.
05 h 45, le 10 janvier 2015