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Culture - Création

Le trompe-l’œil appliqué aux objets...

« Curieuse et chercheuse », c'est ainsi que Nelsy Massoud se définit. En témoigne, son travail artistique, présenté à la galerie 392 Rmeil 393, inclassable dans une seule catégorie.

Statue de mosaïque en verre.

C'est à New York, où elle a vécu 23 ans, que Nelsy Massoud commence son parcours artistique en s'initiant à la mosaïque de verre. À Big Apple, cette Libanaise globe-trotteuse commence par travailler auprès de Val, un maître mosaïste de renom. Puis elle s'installera quelques années à Montréal où elle ouvrira une galerie-atelier de mosaïque avant de retourner au Liban en 2005.
Un an plus tard, sa Bulle, une grande statue en mosaïque de verre (exposée actuellement à la galerie de la rue Gouraud), célébrant l'union nationale à travers une ronde de personnages aux couleurs de tous les partis libanais, sera exposée (de manière provisoire) sur le lieu même de l'attentat contre Rafic Hariri.
Un retour au pays qui se révèle très inspirateur pour cette artiste toujours à la recherche de nouvelles idées, en quête d'expérimentations inédites.
Car si Nelsy Massoud a commencé par travailler le verre, « attirée par sa transparence qui correspond à un trait de ma personnalité, dit-elle, ainsi que par ses procédés de fabrication immémoriaux et ses composants issus de notre culture méditerranéenne », sa peur de l'ennui et de la répétition la fait aborder au Liban d'autres techniques et matériaux. L'envie de se renouveler attisée par son inépuisable curiosité, elle explorera ainsi les mutations du métal, du bois, du sable, jusqu'à la résine qui, depuis une dizaine d'années, est devenue l'une de ses matières de prédilection. Car ce qui plaît particulièrement à Nelsy Massoud dans la fibre résineuse, qu'il s'agisse d'époxy ou de polystyrène, c'est la large palette d'expérimentations qu'elle offre. « Les accidents n'étant pas de moindre importance dans la découverte de nouvelles pratiques », signale-t-elle.
À travers des mélanges de substances (sable, brisures de verre coloré, résine liquide et durcisseur), qu'elle manipule dans des moules, avant d'y apporter les dernières finitions (frottage, craquage...), elle joue notamment sur le registre du trompe-l'œil, sur l'illusion de textures et de légèreté/densité. Ainsi, à la galerie 392 Rmeil 393*, où elle présente, jusqu'au 13 janvier, une sélection de ses créations, des sortes de vases « obus » et de bols façon objets de fouilles donnent l'impression d'avoir été coulés dans du bronze ou façonnés en terre cuite, alors qu'ils ont été élaborés au moyen d'un mixage sablonneux et liquide, sans aucun passage au feu.
Un peu plus loin, une desserte collée au mur semble être ciselée dans un seul bloc de pierre grise et ocre. Il s'agit en réalité d'une pièce d'ameublement en résine poids plume. Et, cependant, d'une solidité inébranlable !
« Je cherchais à faire des meubles légers, pouvant supporter beaucoup de poids et toutes les intempéries, indique l'artiste. Qui là encore a eu recours à ses panachages de matières pour obtenir toute une ligne de tabourets, tables basses et d'appoint faussement pierreux, massifs et denses.
Mais Nelsy Massoud revient toujours dans sa pratique artistique au verre. Qu'elle travaille aussi bien en mosaïque pour des fresques murales, des tables ou encore des pièces inédites, à l'instar de ce sculptural pan d'arbre qu'elle a entièrement « reverdi » de mosaïque irisée (créée pour la dernière édition du Garden Show), qu'en fusion plus traditionnelle. Dans ce dernier registre, si elle présente quelques bouquets de photophores en corolles multicolores (qui donnent une impression de déjà-vu), elle se démarque néanmoins par ses sculptures en métal, sur lesquelles elle applique au moyen d'aimants de petites effigies en verre coloré jouant les acrobates, les papillons butineurs ou encore les boules de sapin cristallin...
Toujours cette envie de transparence, de couleur et de légèreté...

*Gemmayzé, rue Gouraud (près de la Croix-Rouge).
Tél. : 03/242193.

C'est à New York, où elle a vécu 23 ans, que Nelsy Massoud commence son parcours artistique en s'initiant à la mosaïque de verre. À Big Apple, cette Libanaise globe-trotteuse commence par travailler auprès de Val, un maître mosaïste de renom. Puis elle s'installera quelques années à Montréal où elle ouvrira une galerie-atelier de mosaïque avant de retourner au Liban en 2005.Un an plus tard, sa Bulle, une grande statue en mosaïque de verre (exposée actuellement à la galerie de la rue Gouraud), célébrant l'union nationale à travers une ronde de personnages aux couleurs de tous les partis libanais, sera exposée (de manière provisoire) sur le lieu même de l'attentat contre Rafic Hariri.Un retour au pays qui se révèle très inspirateur pour cette artiste toujours à la recherche de nouvelles idées, en quête...
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