Le chef du bloc parlementaire du Futur, le député Fouad Siniora, s'est déclaré hier favorable à la relance de l'initiative de paix arabe de 2002, estimant qu'il s'agit « d'un projet toujours viable », et a réclamé que les Arabes d'Israël fassent entendre leur voix à la Knesset.
« Les régimes hostiles à cette initiative, et dont l'objectif était uniquement d'exercer le pouvoir et d'en faire leur butin, ont aujourd'hui disparu, et nous avons vu comment ! Une nouvelle occasion se présente aujourd'hui. Il faut la saisir, qu'il s'agisse des États arabes ou des Arabes d'Israël, qui doivent avoir leur mot à dire », a-t-il affirmé.
« Je ne veux pas utiliser le mot " juste ", a repris M. Siniora, qui répondait aux questions de la télévision palestinienne, mais je dis que cette initiative est viable et peut déboucher sur la constitution d'un État palestinien, dans le cadre d'un règlement prévoyant l'existence de deux États, et donner ainsi aux Palestiniens le sentiment qu'ils ont une patrie. »
L'initiative de paix arabe prévoit notamment le retour aux frontières d'avant 1967, en échange d'une paix globale avec Israël, dans des frontières « sûres et reconnues ».
« Si des États veulent nous aider, nous devons leur en donner les moyens », a-t-il dit, rendant hommage au Parlement suédois et aux autres États, comme la Belgique et le Luxembourg, qui ont décidé de reconnaître l'État palestinien.
« Cette initiative a été évoquée au cours de la Conférence de la pensée arabe qui s'est tenue au Maroc depuis trois semaines (...). C'est là un signal que les Arabes sont sérieux et veulent une paix réelle et permanente », a-t-il assuré. Et l'ancien Premier ministre d'inviter les États arabes à former un groupe pour la promotion de cette initiative, parallèlement ou de concert avec les États islamiques.
Les Arabes d'Israël
Par ailleurs, M. Siniora a rappelé que des élections à la Knesset sont prévues prochainement, estimant que « les voix des électeurs arabes devraient s'y faire entendre ».
« Il ne faut pas que les divergences arabes se répercutent sur eux et que leurs voix soient perdues, a-t-il expliqué. Je leur demande de voter et de constituer une force au sein de la Knesset. »
Aux organisations islamistes qui réclament « le boycottage » des élections en Israël, M. Siniora a lancé : « Cela fait 70 ans qu'ils nous conduisent à notre perte. Et tout s'oriente aujourd'hui vers la liquidation de la cause palestinienne. Nous disons donc à ces gens : où donc nous conduisez-vous. Avec cette initiative, nous pourrions peut-être parvenir à obtenir quelque chose ! »
Sur la situation dans le monde arabe, M. Siniora a jugé qu' « il souffre d'un automne qui a terni le printemps ». « Certains ont agressé l'islam et l'ont pris en otage », a-t-il souligné.

