Le chef du gouvernement s’exprimant lors de la traditionnelle réception de fin d’année au Sérail. Photo Ani
À l'occasion des fêtes de fin d'année, il est de tradition que le Premier ministre organise une réception au Sérail, en présence de tout le personnel du siège du gouvernement et des journalistes qui y sont accrédités. Tammam Salam n'a pas dérogé à cette habitude et a réuni hier, autour de lui, tout le staff à qui il a rendu un vibrant hommage. Le chef du gouvernement, qui appelle sans relâche à l'élection d'un nouveau chef de l'État, est revenu à la charge hier aussi. « L'action institutionnelle dans notre système démocratique est entachée d'un sérieux déséquilibre qui n'est autre que la vacance au niveau de l'institution mère, à savoir la présidence de la République. Je ne rate aucune occasion pour renouveler mon appel à l'élection d'un chef de l'État. Cette revendication est une responsabilité que nous partageons tous, si nous voulons que notre pays se développe et prospère », a affirmé M. Salam.
Selon lui, la vacance à la tête de l'État affaiblit le pays. « Elle augure d'un immense danger qui nous menace tous. Personne ne peut se dérober à ses responsabilités dans ce cadre et prétendre ne pas être concerné », a-t-il averti.
Abordant la question du dialogue entre le Hezbollah et le courant du Futur, le chef du gouvernement l'a désigné comme étant un « développement politique énorme ». « Le dialogue en cours entre deux forces politiques majeures serait peut-être le prélude à un aplanissement des obstacles devant l'organisation de la présidentielle », a-t-il espéré.
Tammam Salam s'est arrêté ensuite sur la sécurité dans le pays, en relevant qu'à l'heure où plusieurs pays de la région sont plongés dans un cycle de violence, le Liban a « réussi à maintenir un niveau de sécurité permettant aux Libanais de circuler avec un minimum de confiance ». « Ceci, a-t-il poursuivi, est dû principalement au fait que ces derniers ont compris que leur pays ne peut représenter, à travers aucune de ses composantes communautaires ou autres, un environnement favorable à la violence ou au terrorisme. » « Cette question a été tranchée. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation bien meilleure qu'avant », a encore souligné le Premier ministre, avant de se dire consterné parce que le dossier des militaires otages n'a toujours pas été réglé et parce que ces derniers vivent toujours sous la menace de leurs ravisseurs. « Ce dossier a fait l'objet de beaucoup d'interventions et de rhétoriques qui lui ont porté préjudice », a commenté Tammam Salam, avant d'exprimer l'espoir d'une solution prochaine qui permettrait leur libération.
Avec Plumbly, Hale et Allawi
Plus tard, le coordonnateur spécial de l'Onu au Liban, Derek Plumbly, reçu au Sérail, s'est lui aussi félicité du dialogue engagé entre le courant du Futur et le Hezbollah. « Ce dialogue est nécessaire pour l'unité et la stabilité en ces temps difficiles au Liban. Nous espérons qu'il contribuera à régler les problèmes qui existent, notamment la vacance au niveau de la présidentielle », a-t-il déclaré au terme de son entretien avec M. Salam.
Le responsable onusien a affirmé avoir également discuté avec le Premier ministre de l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et du rôle de l'armée au Liban-Sud et dans tout le pays. M. Plumbly a rendu un vibrant hommage aux forces militaires et de sécurité, et s'est félicité de « l'appui international dont elles bénéficient ». Avec le chef du gouvernement, il a passé en revue les mesures à prendre pour une mobilisation internationale adéquate en faveur du plan annoncé par le gouvernement pour la gestion de la crise des réfugiés syriens.
M. Salam a ensuite conféré avec l'ambassadeur des États-Unis, David Hale, puis avec le vice-président irakien, Iyad Allawi, qui a été ensuite reçu par le président de la Chambre, Nabih Berry.
Parmi les visiteurs du Sérail, les ambassadeurs du Liban en Arabie saoudite, Abdel Satar Issa, et à l'Unesco, Khalil Karam, ainsi que le directeur de la Sûreté de l'État, le général Georges Karaa.

