Pour faire pression sur Moscou, Kiev veut asphyxier la Crimée
Coupures d'électricité, suppressions de trajets en train et en car : l'Ukraine multiplie les mesures asphyxiant la Crimée rattachée en mars à la Russie, mais très dépendante de Kiev, au moment de négociations difficiles sur l'avenir de l'Est séparatiste prorusse. Sous le choc, les habitants de la Crimée ont ainsi qualifié de « vendredi noir » le 26 décembre, jour où ils se sont retrouvés pour la seconde fois en une semaine sans électricité, et Kiev a suspendu toutes les liaisons ferroviaires et en car avec la péninsule. La majorité des 2,3 millions d'habitants de cette presqu'île de la mer Noire ne pourront ainsi rejoindre l'Ukraine qu'en voiture, et la Russie via un ferry car Moscou a aussi auparavant arrêté son service ferroviaire en raison d'une faible demande. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a exhorté hier Moscou d'user de son influence sur les séparatistes pour qu'ils respectent l'accord de cessez-le-feu de Minsk. En attendant, l'armée ukrainienne lance son opération de séduction, « Bienvenue à la guerre », dans l'Est rebelle, à l'adresse d'une vingtaine de journalistes étrangers qui ont enfilé leurs gilets pare-balles et sont montés à bord d'un véhicule blindé pour visiter la ligne de front. Kiev tente ainsi de séduire et de contrer la puissante machine médiatique russe. Sergei Supinsky/AFP
Tokyo veut faciliter le déploiement de son armée à l'étranger
Le Japon prévoit de présenter début 2015 des réformes facilitant le déploiement de forces armées à l'étranger lors d'opérations de maintien de la paix et en soutien logistique à ses alliés, ont indiqué des médias locaux hier. Le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe et son Parti libéral-démocrate souhaitent autoriser les forces armées nippones à participer à des opérations militaires extérieures au-delà du cadre légal qui prévaut depuis l'instauration en 1947 d'une Constitution pacifiste. Il n'existe de fait aujourd'hui aucun mécanisme permanent permettant la mobilisation des Forces d'autodéfense (SDF, le nom officiel de l'armée japonaise) pour des opérations à l'étranger, sauf dans le cadre d'opérations de maintien de la paix et d'agression de son territoire. Les nouveaux textes encadreraient la participation de troupes à des missions de soutien à des forces multinationales ou aux États-Unis, important allié de Tokyo et protecteur aujourd'hui de l'archipel vaincu en 1945, selon l'agence Nikkei. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, M. Abe, fort de sa victoire aux législatives anticipées de décembre, s'est mis en tête de refondre la Constitution pour en expurger l'article 9 stipulant que le pays renonce « à jamais » à la guerre. Toutefois, le PLD doit encore convaincre son allié centriste Komeito qui renâcle à entériner de telles réformes. Kazuhiro Nogi/AFP
L'incendie d'une mosquée en Suède n'est peut-être pas criminel
La police suédoise a fait part hier dans la presse de ses doutes sur la piste criminelle dans l'enquête sur l'incendie de la mosquée qui a fait cinq blessés le jour de Noël. Ce violent incendie au rez-de-chaussée d'un immeuble d'Eskilstuna, à 90 km à l'ouest de Stockholm, s'était déclaré en début d'après-midi alors que 70 musulmans étaient rassemblés dans le lieu de prière. Alors qu'un porte-parole de la police avait relayé jeudi un témoignage selon lequel un objet en flammes aurait été jeté à travers une fenêtre, il admettait hier que les enquêteurs n'avaient pas retrouvé l'origine de cette accusation. « C'est quelqu'un, paraît-il, qui a dit cela sur les lieux de l'infraction », a déclaré au quotidien local, « Eskilstuna-Kuriren », ce porte-parole, Lars Franzell. « La police avait entendu ça sur place, mais n'a pas réussi à déterminer l'identité de la personne. Nous n'avons pas réussi à trouver ce quelqu'un », a-t-il ajouté. L'enquête, dans laquelle les spécialistes des incendies du laboratoire national de police scientifique ne font que commencer leur travail, est compliquée par l'état dans lequel le feu et l'intervention des pompiers ont laissé la mosquée. L'audition d'une cinquantaine de témoins n'a pas permis de déterminer de suspect, selon M. Franzell. Vendredi, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant la mosquée pour manifester leur sympathie à la communauté musulmane.
Pontus Stenberg/AFP/TT News Agency
La Grèce à deux doigts de l'arrivée au pouvoir de Syriza
Le Parlement grec tentera une dernière fois aujourd'hui d'élire un président de la République, mais les chances d'y parvenir paraissent infimes, ce qui conduira tout droit à une dissolution et à des législatives anticipées le 25 janvier ou le 1er février, dont le parti antiaustérité Syriza est favori. Stavros Dimas, l'ancien commissaire européen présenté par le gouvernement au poste honorifique de président de la République pour succéder à Carolos Papoulias dont le mandat s'achève en mars, ne semble pas pouvoir obtenir les 180 voix de députés sur les 300 nécessaires. Le Premier ministre Antonis Samaras est apparu samedi à la télévision publique Nerit. Il n'a rien dit de spectaculaire, renonçant par exemple à changer de candidat in extremis, comme il en avait le droit. Il a paru presque résigné aux législatives, évoquant sa confiance en sa victoire si elles survenaient. Syriza a aussitôt accusé de « tentative d'intimidation » M. Samaras, qui semble ne plus compter que sur les contradictions du corps électoral. Ainsi, deux sondages parus hier montrent toujours une avance de Syriza sur Nouvelle Démocratie du Premier ministre dans les intentions de vote : 27,2 % contre 24,7 %, selon Kapa, Research pour To Vima, 28,3 % contre 25 %, selon Alko, pour Proto Théma. Mais parallèlement, près de six Grecs sur dix affirment ne pas vouloir de législatives dans le contexte économique actuel et, selon Kapa Research, 44,1 % pensent que M. Samaras est le meilleur pour diriger le pays, contre 34,4 % pour Alexis Tsipras, le jeune patron de Syriza. AFP/Getty Photo
Celui qui voulait tuer Jean-Paul II met des fleurs sur sa tombe
Mehmet Ali Agça, ancien extrémiste turc qui a tenté d'assassiner le pape Jean-Paul II en 1981, a déposé des fleurs samedi sur la tombe de l'ancien souverain pontif. Cet acte de contrition intervient 31 ans après que le pape polonais a visité M. Agça dans sa prison à Rome, le pardonnant pour sa tentative d'assassinat qui a failli lui coûter la vie en 1981. Mehmet Ali Agça, alors âgé de 23 ans, avait tiré deux fois à bout portant sur Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre, une des balles traversant son abdomen et une autre évitant de peu son cœur. M. Agça est revenu de manière inattendue à Rome samedi, se présentant lui-même à la police pour faire part de son intention de déposer des fleurs sur la tombe de Jean-Paul II. « J'ai senti que j'avais besoin de faire ce geste », a-t-il expliqué à la police selon un média italien, cité par l'AFP. M. Agca avait demandé une entrevue avec le pape François lors de la visite du souverain pontif en Turquie, le mois dernier. Elle lui a été refusée tout comme l'audience qu'il a demandée ce week-end à Rome. « Il a déposé des fleurs sur la tombe de Jean-Paul II. Je pense que cela suffit », a estimé le porte-parole du pape François, Federico Lombardi, cité par le quotidien « La Repubblica ». Les intentions qui ont poussé M. Agça à tirer sur le pape en 1981 restent mystérieuses. Il a purgé une peine de près de trente ans dans des prisons en Italie et en Turquie, et semble présenter des troubles mentaux. Photo AFP/Adnkrono /STR
Grippe aviaire : Hong Kong relève très vite son niveau d'alerte
Hong Kong a relevé hier son niveau d'alerte à la grippe aviaire après l'hospitalisation d'une femme dans un état critique, ont annoncé les autorités locales. La patiente de 68 ans a été hospitalisée le 25 décembre, deux semaines après son retour de Shenzhen, dans le sud de la Chine, où elle avait consommé du poulet, rapporte l'AFP. Dix personnes, dont trois sont décédées, ont été diagnostiquées à Hong Kong comme porteuses du virus H7N9, une nouvelle souche de la grippe aviaire qui a tué plus de 170 personnes depuis son apparition en 2013. Toutes avaient contracté le virus en Chine populaire, selon le Centre de protection sanitaire de la ville (CHP). Hong Kong a adopté un système d'alerte précoce à la grippe aviaire après la crise en 2003 du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), dont les symptômes sont similaires. L'épidémie avait touché 1 800 habitants dans l'ancienne colonie britannique, dont 299 étaient mortes. Tout cela n'a pas empêché les Hongkongais de continuer à parler de ces caisses contenant près de 2 millions de dollars en billets de banque qui s'étaient échappées d'un fourgon blindé dont la portière était malencontreusement ouverte, à la veille de Noël, sur la route de Gloucester dans le centre de
Hong Kong, suscitant une ruée frénétique des piétons et des automobilistes qui ont voulu profiter de cette manne. Isaac Lawrence/AFP
Coupures d'électricité, suppressions de trajets en train et en car : l'Ukraine multiplie les mesures asphyxiant la Crimée rattachée en mars à la Russie, mais très dépendante de Kiev, au moment de négociations difficiles sur l'avenir de l'Est séparatiste prorusse. Sous le choc, les habitants de la Crimée ont ainsi qualifié de « vendredi noir » le 26 décembre, jour où ils se sont retrouvés pour la seconde fois en une semaine sans électricité, et Kiev a suspendu toutes les liaisons ferroviaires et en car avec la péninsule. La majorité des 2,3 millions d'habitants de cette presqu'île de la mer Noire ne pourront ainsi rejoindre l'Ukraine qu'en voiture, et la Russie via un ferry car Moscou a aussi auparavant arrêté son service ferroviaire en raison...

