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Liban - Environnement

Le dossier des déchets reporté une nouvelle fois au 8 janvier

Les ministres du Parti socialiste progressiste (PSP) protestent contre la prolongation de l'activité dans la décharge de Naamé, et les ministres des Kataëb veulent du temps pour examiner le cahier des charges.

De gauche à droite, les ministres Ramzi Jreije, Mohammad Machnouk, Abdel Mouttaleb Hennaoui et Achraf Rifi, au cours du Conseil des ministres, hier.

L'un des principaux dossiers qui devaient être discutés hier en Conseil des ministres était celui du nouveau plan de traitement des déchets ménagers. Il a été reporté au 8 janvier, suite à des réserves exprimées par les ministres du Parti socialiste progressiste et ceux du parti Kataëb.

Ce plan a été présenté au gouvernement la semaine dernière après avoir été élaboré par une commission ministérielle. Il repose principalement sur la division du pays en cinq régions (une pour le Nord avec le Akkar, une pour le Kesrouan, le Metn et Beyrouth, une pour Baabda, Aley et le Chouf, une pour le Sud et une dernière pour la Békaa). Le plan consiste à confier à des sociétés privées le balayage, la collecte et le traitement des ordures, ce dernier aspect comprenant la création et la gestion des décharges qui, toujours selon le plan, devraient accueillir les déchets inertes seulement.

La question des déchets ménagers est urgente du fait que le contrat entre l'État et la principale société privée chargée du traitement dans le Grand-Beyrouth et le Mont-Liban arrive à son terme le 17 janvier prochain. C'est la date à laquelle la principale décharge du pays, celle de Naamé-Aïn Drafil, devrait être fermée. Les habitants des localités autour de la décharge menacent déjà de bloquer les routes aux camions de transport des déchets si la décharge reste ouverte après cette date. Une crise similaire avait éclaté le 17 janvier 2014 et avait duré une semaine. Beaucoup craignent un nouvel amoncellement des déchets dans les rues des villes le mois prochain.

 

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Interrogé par L'Orient-Le Jour sur le débat autour cette question en Conseil des ministres, le ministre de l'Environnement Mohammad Machnouk a précisé que « le désaccord ne porte pas sur le plan lui-même, que tous les ministres ont approuvé ». « Les ministres du parti Kataëb ont demandé à étudier plus longuement le cahier des charges sur base duquel l'appel d'offres sera effectué, étant donné que ce document leur avait été remis la veille seulement, a-t-il ajouté. Ils veulent s'assurer qu'il répond aux principes énoncés dans le plan. »
« Mais je crois qu'il n'y aura pas d'obstacle à l'adoption du document le 8 janvier », a-t-il ajouté. Prié de commenter une déclaration de Samy Gemayel, député Kataëb, qui disait hier qu' « entre le gaspillage des deniers publics et les déchets dans les rues, nous choisissons la réforme », M. Machnouk a répondu : « Il faut le lui demander. Le débat ne s'est pas déroulé sur ce ton-là en Conseil des ministres. »

Nous avons porté cette question au ministre Alain Hakim, du bloc Kataëb. Celui-ci a confirmé que les ministres de son bloc « protestent contre le fait que le cahier des charges n'a été livré que la veille à 17h ». « Une question d'une telle importance doit être examinée plus amplement, a-t-il poursuivi. Nous présenterons nos remarques le 8 janvier. »
M. Hakim a par ailleurs dénoncé ce qu'il a qualifié de « manque de transparence et de gouvernance » dans ce dossier. « Nous parlons de montants énormes, de l'ordre de 259 millions de dollars par an pour les cinq régions, a-t-il expliqué. Selon nos observations, les adjudications sont effectuées de manière que les résultats soient presque connus d'avance. Suivant les critères techniques adoptés, certaines sociétés seront favorisées par rapport à d'autres. » À la question de savoir lesquelles, le ministre a catégoriquement refusé d'avancer des noms.
Revenant sur les propos tenus par M. Gemayel, M. Hakim a affirmé : « Ce que nous recherchons, c'est la réforme. On ne peut nous demander de prendre des décisions dans l'urgence à chaque fois, sous prétexte qu'il y a des menaces qui guettent, notamment dans des dossiers de cette importance. Toutefois, si nos remarques sont prises en compte, nous mettrons de l'eau dans notre vin. Nous ne faisons pas de l'opposition pour le plaisir. »

 

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Une autre réserve a été émise durant le Conseil des ministres par le ministre Akram Chehayeb sur la prorogation dite technique de la décharge de Naamé. « Le ministre Chehayeb doit tenir compte d'une situation particulière sur le terrain, a reconnu M. Machnouk. Mais la décharge fait partie de ce qu'on appelle services publics, on ne peut y interrompre l'activité sous peine de graves conséquences, dans ce cas précis sur la propreté. Une prolongation technique de l'activité dans la décharge de Naamé-Aïn Drafil me paraît donc inévitable. »
Concernant les délais de cette prolongation, M. Machnouk affirme ne pas pouvoir se prononcer à ce stade, mais précise que les appels d'offres devraient être lancés dès après le 8 janvier, suite à l'adoption du plan, pour les aspects de la collecte et du balayage tout comme celui du traitement (les entreprises pourront présenter un dossier pour l'un ou l'autre, ou pour les deux, précise-t-il). Au moins deux mois seraient nécessaires pour mener à bien cette étape, selon lui.
À noter que le ministre Akram Chehayeb était injoignable hier pour un commentaire.


S. B.

 

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