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Moyen Orient et Monde

Pour les autres, l’amertume et les craintes...

Pour eux, l'ancien régime l'a emporté sur la révolution : de nombreux partisans du président tunisien sortant Moncef Marzouki ne cachent pas leur amertume et leurs craintes après la victoire de Béji Caïd Essebsi.
Les résultats de la présidentielle de dimanche ont tout simplement « inversé le cours de l'histoire », affirme l'avocat Samir Ben Amor, membre du bureau exécutif du Congrès pour la République (CPR), le parti de M. Marzouki. Ce dernier, pendant sa campagne, n'a cessé de mettre en garde contre le danger que représente selon lui M. Caïd Essebsi, qui a servi les régimes autoritaires des présidents Habib Bourguiba et Ben Ali, et dont le parti compte de nombreux membres du parti aujourd'hui dissous de l'ancien dictateur.
« Quelle déception, quel malheur! » lâche Néjd Ben Hamza, un ingénieur de 34 ans, en dénonçant la « mémoire courte » des Tunisiens. « N'est-ce pas Béji qui était ministre de l'Intérieur sous Bourguiba ? N'est-ce pas lui qui a soutenu Ben Ali ? Est-ce que la révolution des jeunes se couronne, quatre ans plus tard, par le choix d'un homme de 88 ans ? » s'interroge-t-il. « Des Tunisiens se sont sacrifiés pour qu'en fin de compte un fouloul (cacique, NDLR) soit l'homme de la période à venir », fustige M. Ben Hamza, en faisant allusion aux quelque 300 personnes tuées pendant la révolution de décembre 2010-janvier 2011.
« J'ai vraiment peur pour les libertés, d'autant plus que le même parti politique va dominer tous les pouvoirs », dit Ali Troudi, un enseignant de 39 ans. Le parti de M. Caïd Essebsi, Nidaa Tounès, a en effet remporté les législatives de fin octobre et devra former le prochain gouvernement. « Dans le discours tenu par Béji, on entend parler de lutte antiterroriste, du prestige de l'État... J'ai bien peur qu'au nom de ces causes, il y ait un retour aux pratiques répressives », ajoute ce Tunisien, qui dit avoir été harcelé sous le régime de Ben Ali parce qu'il se rendait à la mosquée pour la prière de l'aube, un signe de piété suspect pour les anciennes autorités qui réprimaient impitoyablement les islamistes.
Ali Troudi dit ne pas partager l'idéologie de M. Marzouki, mais le fait que ce « démocrate jusqu'à la moelle ait défendu ma liberté faisait de lui la bonne personne pour l'étape prochaine, la seule capable de rassembler quelles que soient les divergences culturelles, politiques ou même religieuses ».

Pour eux, l'ancien régime l'a emporté sur la révolution : de nombreux partisans du président tunisien sortant Moncef Marzouki ne cachent pas leur amertume et leurs craintes après la victoire de Béji Caïd Essebsi.Les résultats de la présidentielle de dimanche ont tout simplement « inversé le cours de l'histoire », affirme l'avocat Samir Ben Amor, membre du bureau exécutif du Congrès pour la République (CPR), le parti de M. Marzouki. Ce dernier, pendant sa campagne, n'a cessé de mettre en garde contre le danger que représente selon lui M. Caïd Essebsi, qui a servi les régimes autoritaires des présidents Habib Bourguiba et Ben Ali, et dont le parti compte de nombreux membres du parti aujourd'hui dissous de l'ancien dictateur.« Quelle déception, quel malheur! » lâche Néjd Ben Hamza, un ingénieur de 34 ans, en...
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