Les Palestiniens ont afflué par milliers hier à Ramallah aux funérailles d'un de leurs responsables, Ziad Abou Eïn, dont la mort à la suite de heurts avec les soldats israéliens porte à son comble l'exaspération palestinienne contre l'occupation israélienne.
Une foule d'anonymes et d'officiels a accompagné la dépouille de Ziad Abou Eïn jusqu'au cimetière d'al-Bireh, dans la périphérie de Ramallah où elle a été inhumée aux cris de « Nous te vengerons avec notre propre sang, Dieu est le plus grand ! » et « Nous poursuivons ton combat ». Auparavant, ils s'étaient pressés à la Mouqata'a, le siège de l'Autorité palestinienne, pour se recueillir devant le cercueil recouvert du drapeau palestinien.
« Vengeance », scandaient certains, d'autres proclamant : « Ton sang n'aura pas été versé en vain. » De son côté, le président Mahmoud Abbas a décrété trois jours de deuil. Les écoles et les commerces étaient fermés et les murs de la ville recouverts de portraits du disparu.
En outre, le porte-parole du gouvernement palestinien Ehab Bessaiso, se fondant sur l'autopsie, a parlé de « meurtre » dont Israël est tenu pour « entièrement responsable ». Sur la foi de la même autopsie, Israël évoque un accident cardiaque peut-être causé par le stress chez un homme ayant déjà des antécédents. Ses obsèques ont été suivies d'incidents présentés par la police israélienne comme mineurs à Psagot, Nabi Saleh, Qalandia ou Hébron où des Palestiniens ont jeté des pierres sur les forces de sécurité et ont été dispersés sans faire de blessés. Mais le risque pourrait être plus élevé aujourd'hui, jour de la grande prière musulmane hebdomadaire, souvent suivie de manifestations. C'est pourquoi, l'armée israélienne a annoncé avoir déployé en Cisjordanie deux bataillons de soldats et deux compagnies de garde-frontières supplémentaires en prévision d'une éventuelle poussée de fièvre. Malgré cela, Israël s'est employé à l'apaisement. Il a exprimé ses regrets par la bouche du ministre israélien de la Défense, Moshé Yaalon. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin ont donné mercredi l'assurance d'une enquête et affirmé la nécessité de « calmer les choses et d'agir de manière responsable ».
Moyen Orient et Monde
Des milliers de Palestiniens enterrent Abou Eïn en appelant à la vengeance
OLJ / le 12 décembre 2014 à 00h00


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