Le directeur de la CIA, John Brennan, a reconnu hier que certains de ses agents avaient utilisé des méthodes d'interrogatoire « répugnantes » après le 11-Septembre, tout en jugeant impossible de dire si elles avaient été utiles pour obtenir des informations. Il s'exprimait lors d'une conférence de presse exceptionnelle au siège de la CIA, retransmise en direct à la télévision, une première dans l'histoire américaine. Refusant d'utiliser le mot « torture », M. Brennan a déclaré : « Nous n'étions pas préparés. Nous avions peu d'expérience dans la détention de prisonniers et peu d'agents avaient été formés aux interrogatoires. » Après la publication mardi du rapport parlementaire accablant pour son agence, M. Brennan a souligné que la CIA avait entrepris de nombreuses réformes pour éviter que ce type de dérives ne se reproduise.
Hier, les réactions indignées se sont poursuivies. La Russie a ironisé sur la « prétention » des États-Unis à donner des leçons de démocratie. « Le contenu (du rapport) est choquant », a souligné le délégué pour les droits de l'homme au ministère russe des Affaires étrangères, Konstantin Dolgov. Le porte-parole de la diplomatie russe, Alexandre Loukachevitch, a de son côté ironisé sur les failles des États-Unis, qui « affirment partout qu'ils sont exceptionnels ». La Turquie a jugé que les traitements décrits par le Sénat américain étaient « inacceptables et inhumains ».
Melville House, une maison d'édition de New York, a indiqué qu'elle va publier le rapport qui sera disponible en librairie le 30 décembre au prix de 16,95 dollars. Enfin, Kamil Shah, un ancien détenu pakistanais à Bagram, a fulminé hier : « Qu'est-ce que ce rapport va bien pouvoir changer pour nous (les ex-prisonniers), les États-Unis vont-ils nous donner des compensations ? J'ai été torturé sans aucune raison, ma vie a été ruinée... Qu'est-ce que ce rapport peut donc m'apporter ? »
Moyen Orient et Monde
La torture est « répugnante », admet la CIA
OLJ / le 12 décembre 2014 à 00h00

