Sur la route de l'exil des Rohingyas...
Bibijan Rahimullah croyait qu'elle ne mettrait qu'une semaine pour gagner la Malaisie et échapper aux persécutions dont est victime, en Birmanie, la minorité musulmane apatride des Rohingyas. Mais c'est un périple éprouvant qui l'attendait, elle et ses trois jeunes enfants. À bord d'une succession de bateaux ou à pied à travers la jungle, la jeune femme et ses trois enfants ont subi l'enfer pendant un mois. Autour d'elle, ses compagnons de voyage tombaient comme des mouches et leurs cadavres étaient jetés à la mer comme autant de détritus. « Je ne m'attendais pas à cette tragédie. Si j'avais su, je ne serais jamais venue. J'aurais préféré mourir chez moi », explique la jeune femme de 27 ans. Depuis des années, la minorité rohingya de Birmanie, considérée par l'Onu comme l'une des plus persécutées au monde, brave tous les dangers pour aller en Malaisie. Depuis 2012, le flux s'est transformé en exode. D'après Chris Lewa, de l'association Arakan Project qui défend les droits de cette minorité, environ 19 000 Rohingyas ont pris la mer depuis début octobre.
Manan Vatsyayana/AFP
Lima au chevet du climat...
La 20e conférence de l'Onu sur le climat s'est ouverte hier à Lima, quelque 190 délégations du monde entier ayant deux semaines pour poser les jalons d'un pacte mondial contre le changement climatique, qui doit être scellé dans un an à Paris. Les discussions porteront sur les efforts de chaque pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les grandes lignes de l'accord, sa forme juridique et les financements pour aider les pays du Sud dans la lutte contre le réchauffement de la planète, dont la rapidité est inédite. « La possibilité d'agir (...) va bientôt disparaître », a déclaré à l'ouverture des débats Manuel Pulgar, le ministre de l'Environnement du Pérou. « Ne laissons pas passer cette chance », a-t-il ajouté. Environ 10 000 personnes – délégations de négociateurs, ONG, experts – vont participer à ces travaux dans la capitale péruvienne. La deuxième semaine, les négociations monteront en puissance avec l'arrivée des ministres, en charge d'acter des décisions à la fin de la conférence. Parallèlement, Lima accueillera un sommet des peuples, où la société civile fera entendre sa voix. Une grande marche dans Lima, et ailleurs dans le monde, est annoncée pour le 10 décembre.
Eitan Abramovich/AFP
Au Japon, les « abenomics » sous le microscope des électeurs...
La campagne pour les élections législatives anticipées, qui s'ouvre aujourd'hui au Japon, voit s'affronter un Premier ministre, Shinzo Abe, sûr des bienfaits de ses « abenomics » et des petits partis démunis qui risquent d'avoir du mal à mobiliser l'opinion, craignent les politologues. En dissolvant la chambre des députés le 21 novembre, le Premier ministre de droite n'a pas tant surpris que désarçonné les citoyens nippons, qui ne parviennent pas à saisir la raison de cette convocation aux urnes deux ans avant l'échéance. Quand l'opposition crie à l'escroquerie, au « maquillage de l'échec », comme le fait Banri Kaieda, à la tête du Parti démocrate du Japon (PDJ), l'intéressé, lui, explique son zèle démocratique par la volonté d'interroger le peuple sur la poursuite de son action économique. « Je veux demander aux électeurs si les abenomics (surnom de sa politique de redressement) sont une erreur ou la bonne direction », insiste M. Abe. « La situation sur le marché du travail s'améliore, les salaires ont commencé à augmenter, nous avons une chance d'en finir avec la déflation et je veux poursuivre dans cette voie qui est la seule possible », a-t-il argué hier lors d'un débat déséquilibré face aux chefs des autres formations.
Toru Yamanaka/AFP
Bibijan Rahimullah croyait qu'elle ne mettrait qu'une semaine pour gagner la Malaisie et échapper aux persécutions dont est victime, en Birmanie, la minorité musulmane apatride des Rohingyas. Mais c'est un périple éprouvant qui l'attendait, elle et ses trois jeunes enfants. À bord d'une succession de bateaux ou à pied à travers la jungle, la jeune femme et ses trois enfants ont subi l'enfer pendant un mois. Autour d'elle, ses compagnons de voyage tombaient comme des mouches et leurs cadavres étaient jetés à la mer comme autant de détritus. « Je ne m'attendais pas à cette tragédie. Si j'avais su, je ne serais jamais venue. J'aurais préféré mourir chez moi », explique la jeune femme de 27 ans. Depuis des années, la minorité rohingya de Birmanie, considérée par l'Onu comme...

