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Moyen Orient et Monde - Hong Kong

« Occupy Central est non seulement illégal, mais aussi voué à l’échec »

Le pouvoir menace le mouvement prodémocratie, après de nouvelles échauffourées violentes.

Sur le site d’Admiralty, à Hong Kong, des centaines de tentes sont installées sur ce qui était jusqu’à récemment une autoroute urbaine à neuf voies. Le nombre des manifestants s’est considérablement réduit depuis le début de la protestation, mais le mouvement se heurte à la lassitude des sept millions d’habitants, excédés par les embouteillages monstres. Anthony Wallace/AFP

Le chef du gouvernement local de Hong Kong a affirmé hier que la poursuite des manifestations du mouvement prodémocratie était devenue « intolérable », alors qu'un brusque accès de fièvre a saisi l'ex-colonie britannique après plus de deux mois de manifestations. La police du territoire passé sous tutelle chinoise a repoussé par la force les militants prodémocratie qui tentaient dans la nuit de dimanche à lundi d'encercler le siège du pouvoir, provoquant des heurts parmi les plus sérieux depuis le 28 septembre.
Le chef de l'exécutif, Leung Chun-ying, a laissé entendre que de nouvelles opérations policières pourraient avoir lieu rapidement. « J'ai déjà souligné » que le mouvement prodémocratie « Occupy Central était non seulement illégal, mais aussi voué à l'échec », a-t-il lancé. La poursuite des sit-in à Admiralty près du siège du pouvoir et dans une moindre mesure à Causeway Bay, quartier ultracommerçant prisé des Chinois du continent, est « intolérable », a-t-il martelé. La population « demande de plus en plus à la police de disperser » les manifestants. « Dorénavant, elle appliquera la loi sans hésitation », a ajouté M. Leung.

Un succès
Ce qui n'a pas empêché les leaders étudiants, fers de lance du mouvement, de considérer l'action de la nuit comme un succès. « Le siège du gouvernement était paralysé ce matin, s'est félicité hier Alex Chow, de la Fédération des étudiants de Hong Kong. Dans une certaine mesure, le but a été atteint. »
Joshua Wong, l'un des leaders étudiants du mouvement prodémocratie, et deux leaders féminines, Lo Yin-wai et Wong Tsz-yuet, ont annoncé pour leur part qu'ils entamaient une grève de la faim. « En ces temps troublés, il y a un devoir. Aujourd'hui nous sommes prêts à en payer le prix, nous sommes prêts à en prendre la responsabilité », ont écrit les étudiants sur Facebook, après avoir annoncé cette décision devant les manifestants sur le site d'Admiralty, le principal site occupé par les manifestants. Le trio a indiqué qu'il voulait faire pression pour forcer le gouvernement de Hong Kong à répondre à leurs revendications d'élections libres, en 2017, dans le territoire sous tutelle chinoise.
Les bureaux du gouvernement étaient fermés hier, tandis que le Conseil législatif a suspendu ses travaux.
De son côté, la police a annoncé que 40 personnes avaient été interpellées et 11 officiers blessés lors des heurts nocturnes. Au total, 37 personnes ont été soignées dans les hôpitaux de la ville. La situation s'était calmée hier en début d'après-midi, après une matinée tendue qui a vu de nouveaux heurts entre policiers et manifestants dans un centre commercial.

Colère et découragement
Le 28 septembre, le mouvement prodémocratie s'était brutalement accéléré à Hong Kong et les manifestants étaient descendus dans les rues par dizaines de milliers. Depuis, leur nombre s'est considérablement réduit, mais la persistance des sit-in perturbe grandement les transports et l'activité économique. Le mouvement se heurte ainsi à la lassitude des sept millions d'habitants excédés par les embouteillages monstres. Et le manque de perspectives s'ajoute aux frustrations. Une seule séance de négociations, entre les manifestants et les autorités locales, n'a débouché sur aucun résultat concret et personne ne s'attend à ce que la Chine cède d'un pouce aux exigences des protestataires.
La semaine dernière, les autorités avaient évacué un troisième campement des contestataires, celui de Mongkok, dans la partie continentale de Hong Kong. Près de 150 personnes avaient été interpellées, dont Joshua Wong et Lester Shum, autre leader. Les protestataires redoutent désormais que les autorités ne réservent le même sort au site d'Admiralty, où des centaines de tentes sont installées sur ce qui était jusqu'à récemment une autoroute urbaine à neuf voies. Sur place, la colère le dispute donc au découragement.
(Source : AFP)

Le chef du gouvernement local de Hong Kong a affirmé hier que la poursuite des manifestations du mouvement prodémocratie était devenue « intolérable », alors qu'un brusque accès de fièvre a saisi l'ex-colonie britannique après plus de deux mois de manifestations. La police du territoire passé sous tutelle chinoise a repoussé par la force les militants prodémocratie qui tentaient dans la nuit de dimanche à lundi d'encercler le siège du pouvoir, provoquant des heurts parmi les plus sérieux depuis le 28 septembre.Le chef de l'exécutif, Leung Chun-ying, a laissé entendre que de nouvelles opérations policières pourraient avoir lieu rapidement. « J'ai déjà souligné » que le mouvement prodémocratie « Occupy Central était non seulement illégal, mais aussi voué à l'échec », a-t-il lancé. La poursuite des...
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