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Moyen Orient et Monde

« Plus il y a de forces de sécurité, plus il y a de possibilités d’avoir des attaques »

« La police se prépare à un éventuel déploiement plus important » à Jérusalem, selon des experts. Abbas Momani/AFP

Après l'attentat meurtrier contre une synagogue, Israël a promis d'être encore plus ferme envers les Palestiniens, mais privilégier le tout-répressif pourrait faire éclater un contexte déjà explosif, préviennent des experts.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rapidement réagi en promettant de répondre « avec une main de fer » à la mort des quatre juifs tués par deux Palestiniens qui ont été ensuite abattus par la police. Cette déclaration laisse envisager une réaction israélienne très dure, même si le Premier ministre n'a pas donné de détails sur les mesures envisagées. Selon Daniel Nisman, expert israélien en sécurité interrogé par l'AFP, « la police se prépare à un éventuel déploiement plus important » à Jérusalem et notamment dans la partie palestinienne occupée et annexée. « D'autres parlent d'amener l'armée dans les quartiers de Jérusalem-Est, mais cela n'a été ni confirmé ni validé. Pour faire cesser ces attaques, la seule chose qu'il est possible de faire, c'est de boucler les quartiers (palestiniens), mais c'est une mesure à double tranchant : la mettre en place, c'est risquer d'aggraver les tensions avec leurs habitants, dont la majorité rejette pourtant toute escalade », explique M. Nisman.
Pour Mark Heller, politologue israélien à l'Institut des études pour la sécurité nationale (INSS), « il n'y a pas de solution miracle ». « Il n'existe pas de mesures permettant d'empêcher le passage à l'acte de "loups solitaires" qui se réveillent le matin et décident sur un coup de folie de passer à l'action ». « Il est certain que le gouvernement va durcir ses positions mais cela ne résoudra pas le problème », prédit-il.
M. Netanyahu a ordonné la destruction des maisons des deux assaillants, une mesure controversée et suspendue il y a près de 10 ans par l'armée qui la jugeait « contre-productive ». Quatre familles d'auteurs présumés d'attentats à Jérusalem ces dernières semaines sont déjà visées par cette mesure punitive, mais la justice doit encore se prononcer sur sa validité. « Le gouvernement israélien pense que ce sont des méthodes efficaces, mais toute mesure a ses inconvénients », prévient M. Nisman. Kobi Michael, également chercheur à l'INSS, estime que l'attentat d'hier « pourrait changer la donne » car après cette attaque dans un lieu de culte, fait rarissime, « tout le monde est à cran ».

La répression a « des limites »
Mais, note-t-il, « Israël pourra difficilement renforcer un arsenal législatif et sécuritaire déjà imposant » et « il y a des limites aux mesures qui peuvent être prises ». Et le danger, dit M. Michael, « c'est que plus il y a de forces de sécurité, plus il y a de frictions et de possibilités d'avoir des attaques qui pourraient mener à une escalade qu'aucune des deux parties ne veut ».
L'Onu a appelé Palestiniens et Israéliens à la retenue, son haut-commissaire aux Droits de l'homme appelant notamment « les autorités israéliennes à ne pas prendre de mesures, comme les démolitions punitives, qui violent le droit international et pourraient encore aggraver la situation ». Les deux parties, elles, se renvoient la responsabilité des tensions dans la ville sainte, où cette attaque contre une synagogue fait craindre que le conflit ne prenne une dangereuse dimension religieuse.
M. Netanyahu et plusieurs de ses ministres ont imputé au président palestinien Mahmoud Abbas et au Hamas islamiste la responsabilité « directe » de cette attaque, leur reprochant d'« inciter » les Palestiniens à la violence. Le ministre israélien des Affaires étrangères, l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, a accusé M. Abbas d'avoir « délibérément transformé le conflit en un conflit religieux entre juifs et musulmans », tandis que des responsables du Fateh, le parti de M. Abbas, lançaient la même accusation à l'encontre de M. Netanyahu.

Après l'attentat meurtrier contre une synagogue, Israël a promis d'être encore plus ferme envers les Palestiniens, mais privilégier le tout-répressif pourrait faire éclater un contexte déjà explosif, préviennent des experts.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rapidement réagi en promettant de répondre « avec une main de fer » à la mort des quatre juifs tués par deux Palestiniens qui ont été ensuite abattus par la police. Cette déclaration laisse envisager une réaction israélienne très dure, même si le Premier ministre n'a pas donné de détails sur les mesures envisagées. Selon Daniel Nisman, expert israélien en sécurité interrogé par l'AFP, « la police se prépare à un éventuel déploiement plus important » à Jérusalem et notamment dans la partie palestinienne occupée et annexée....
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