Le Dr Martin Salia était le sixième médecin sierra-léonais à avoir contracté le virus ebola. Il mort hier. Jeff Bleijerveld/Reuters
Le Mali tentait d'enrayer la progression d'Ebola hier, alors que le pays déplore depuis un mois quatre morts pour cinq cas répertoriés, dont une fillette de deux ans et un imam guinéen décédé le 25 octobre à Bamako, la capitale malienne.
Une situation qui a poussé les autorités à mettre sous surveillance 442 personnes ayant pu entrer en contact avec l'imam de la ville de Kourémalé, à cheval sur le Mali et la Guinée, qui était venu se faire soigner à Bamako.
Inquiet du risque de propagation du virus dans la capitale d'environ 2 millions d'habitants, le pays a néanmoins reçu une bonne nouvelle : le foyer de la maladie à Kayes (Ouest), d'où était originaire la fillette de 2 ans, a été déclaré « éteint » après plus de 21 jours – durée maximale d'incubation du virus – sans nouveau cas, a annoncé le ministère de la Santé.
Contrôle des passagers du Mali
L'apparition au Mali du virus de la fièvre hémorragique, qui provoque la plus grave épidémie depuis son identification en 1976, a poussé les États-Unis à accroître leurs mesures de protection.
Ainsi, dès lundi, le dispositif de contrôle en place depuis le 11 octobre pour les passagers en provenance des trois pays d'Afrique de l'Ouest les plus affectés par Ebola (Liberia, Sierra Leone, Guinée) a été étendu à ceux du Mali.
Selon les Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), il n'y a pas de vols directs entre les États-Unis et le Mali d'où, « en moyenne, 15 à 20 personnes » arrivent chaque jour. Ces passagers devront entrer sur le sol américain par l'un des cinq aéroports déjà mobilisés – New York JFK et Newark, Washington Dulles, Chicago O'Hare et Atlanta – où un dispositif de dépistage est en place (température, questionnaire, etc). Ils devront aussi suivre un protocole de contrôle pendant la période d'incubation de 21 jours.
La France – qui accueille une communauté malienne de 120 000 personnes, selon une estimation de l'ambassade du Mali en France – a étendu la semaine dernière ses contrôles aux passagers en provenance du Mali.
Aide européenne
De son côté, la Commission européenne a annoncé hier une nouvelle enveloppe de 29 millions d'euros pour l'Afrique occidentale, ce qui porte sa contribution totale à 373 millions d'euros. La Croix-Rouge internationale va également envoyer des experts au Mali. S'exprimant devant le Parlement européen au retour d'une mission en Afrique occidentale, le coordinateur de l'UE Christos Stylianides s'est dit « préoccupé par la propagation supplémentaire au Mali » de l'épidémie. « C'est un signal très, très dangereux ». Par ailleurs, le médecin sierra-léonais infecté par Ebola rapatrié samedi aux États-Unis dans un état « extrêmement grave », est décédé lundi vers 4h00 du matin au Nebraska Medical Center (centre), a indiqué le docteur Phil Smith, directeur médical de l'unité spécialisée du centre, lors d'une conférence de presse.
Le Dr Martin Salia, résident américain de 44 ans qui travaillait à l'hôpital Connaught de Freetown, présentait des « symptômes très avancés de la maladie », a relevé le Dr Daniel Johnson, soulignant que le patient n'avait plus de fonctions rénales, avait du mal à respirer et était sans réaction à son arrivée. Il a fait un arrêt cardiaque lundi matin, car « la maladie était trop avancée pour le sauver ».
Il s'agit du second patient à mourir d'Ebola aux États-Unis, après le Libérien Thomas Eric Duncan, mort le 8 octobre.
L'épidémie d'Ebola a fait depuis le début de l'année 5 177 morts sur 14 413 personnes infectées, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé.
Enfin, une campagne mondiale de prévention « 11 contre Ebola » a été lancée hier par des stars du foot comme Cristiano Ronaldo, Neymar, Didier Drogba ou encore Philipp Lahm.

