L'ancien député Misbah Ahdab a tenu hier une conférence de presse à Tripoli au cours de laquelle il a violemment critiqué la prorogation du mandat du Parlement, tout en menaçant le gouvernement d'une action populaire pour redonner à Tripoli ses droits. « Le Parlement, a-t-il déclaré, a prorogé son propre mandat sous prétexte de préserver la stabilité. Mais il semble que dans nos régions, cette volonté de stabilité se résume à prolonger la crise et à maintenir Tripoli dans une situation explosive, prête à être utilisée si les circonstances locales ou autres l'exigent. »
M. Ahdab a encore rappelé que les députés de Tripoli ont obtenu un mandat pour une période de quatre ans, en contrepartie de promesses d'assurer la prospérité et le développement économique de la ville, qui mettraient un terme à la pauvreté et à la misère qui sévissent dans certains quartiers. Selon lui, ces promesses étaient destinées à « réparer le tort fait à la ville par l'occupant syrien qui l'avait transformée en groupes d'éléments armés travaillant pour son compte ». « Vous êtes toutefois en train de faire la même chose, a déclaré M. Ahdab en s'adressant aux députés de la ville, exacerbant les dissensions confessionnelles et poussant les groupes à s'entretuer et privilégiant ainsi l'extrémisme. » M. Ahdab a encore précisé que « ces groupes d'éléments armés sont le fruit d'une action des renseignements, qui est responsable de 20 rounds d'affrontements qui ont détruit la ville ».
L'ancien député a enfin annoncé une série de mouvements populaires contre le gouvernement pour le pousser à réviser sa politique à Tripoli et surtout à la rendre plus efficace. Il a conclu son point de presse en déclarant, à l'adresse des responsables politiques : « Les soldats sont nos fils, mais c'est vous qui êtes notre problème. »
Liban
Ahdab : La prorogation vise à prolonger la crise à Tripoli
OLJ / le 17 novembre 2014 à 00h00

