Henry Ye, président de la commission, et le lieutenant-colonel Isaac Zida après avoir signé la « charte de transition ». Issouf Sanogo/AFP
De délicates discussions sur les futurs dirigeants du Burkina Faso ont débuté après l'accord entre l'armée au pouvoir et les civils sur les institutions intérimaires du pays. Ceci étant, rumeurs et tractations bruissaient dans la capitale burkinabè sur le nom de l'heureux élu, appelé à succéder au lieutenant-colonel Zida, qui a pris les rênes du pays le 31 octobre à la chute du président Blaise Compaoré. En effet, cette personnalité ne pourra être issue d'un parti politique, ce qui barre l'accès à cette charge à toute l'opposition. Une fois son mandat achevé, elle ne pourra participer au scrutin. Selon une source militaire, l'opposition avait tenté de négocier le retrait de cet amendement imposé par l'armée contre l'offre du poste de Premier ministre aux militaires, mais les tractations ont échoué. Il est « tout à fait indiqué » que cette personne « ne soit pas un homme politique », faute de « garantie » qu'il ne fera pas campagne « pour son propre parti politique » en 2015, ce qui replongerait le Burkina « dans une crise profonde », avait justifié le lieutenant-colonel Zida.
Un des favoris est l'archevêque de Bobo-Dioulasso, Mgr Paul Ouédraogo, qui semblait au départ recueillir l'assentiment général mais il a été écarté en début de semaine en raison de réticences de la hiérarchie catholique, selon Jonas Hien, un responsable de la société civile. Par ailleurs, la présence d'un soldat à cette charge avait été envisagée pour « trouver une place » à Isaac Zida, « qui se verrait bien Premier ministre », expliquait un diplomate. Et de mettre en garde : « Il n'est pas envisageable » pour la communauté internationale que l'actuel homme fort du pays soit nommé à un poste-clé. »
Enfin, l'opposition a espéré que le président de la transition serait désigné lundi, ce qui constituerait une étape décisive pour la transmission aux civils du pouvoir par l'armée.
(Source : AFP)


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