Le président russe Vladimir Poutine est arrivé hier à Brisbane (Australie), où il assistera ce week-end à un sommet du G20, alors que Moscou fait l’objet de critiques croissantes pour son rôle dans la crise ukrainienne. Peter Parks/AFP
Le président russe Vladimir Poutine est arrivé hier à Brisbane (Australie), où il assistera ce week-end à un sommet du G20 aux accents de guerre froide, avec des navires russes au large de l'Australie et un ultimatum de Moscou à la France pour qu'elle livre les Mistral.
Avant même le début des discussions, la Grande-Bretagne et l'Australie avaient vivement critiqué l'action de la Russie dans la crise ukrainienne. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a ainsi averti dans un discours devant le Parlement australien que la Russie s'exposait à de nouvelles sanctions occidentales si elle ne s'engageait pas à résoudre le conflit. Le pays est aussi accusé de se comporter comme un « grand État agressant de plus petits États en Europe », a lancé M. Cameron.
Ne mâchant pas ses mots à l'égard de M. Poutine concernant la catastrophe aérienne, le Premier ministre australien Tony Abbott lui a demandé de « faire son mea culpa ». De plus, M. Abbott a dénoncé l'accroissement des activités militaires tous azimuts de la Russie, citant en particulier l'apparition de plusieurs navires de la marine russe cette semaine au nord des côtes australiennes. « Qu'il s'agisse d'agresser l'Ukraine, qu'il s'agisse de l'intensification des vols d'avions militaires dans l'espace aérien du Japon, des pays européens, qu'il s'agisse de la force navale qui est maintenant dans le Pacifique Sud, la Russie est beaucoup plus sûre d'elle maintenant qu'elle ne l'a été depuis longtemps », a-t-il déclaré. Il ne manque pas d'ajouter que « la Russie serait beaucoup plus attrayante si elle aspirait à être une superpuissance pour la paix, la liberté et la prospérité », a-t-il ajouté.
Pour sa part, M. Poutine avait martelé son opposition à la formation d'éventuels « nouveaux blocs » au sein du G20 : « Il me semble que cela serait vraiment mauvais si on se mettait à créer des blocs à nouveau. Ce n'est pas du tout constructif et même nuisible à l'économie mondiale », a-t-il dit à l'agence officielle Tass, précisant qu'il avait une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel. Le chef du Kremlin n'a pas « remarqué » de changement de ton dans ses relations avec l'Allemangne. Il déclare que « nous dirigeons en fonction de nos intérêts, pas en fonction d'affinités, de sympathies ou d'antipathies ». M. Poutine a annoncé que les sanctions envers son pays « contredisent les principes d'activité même du G20 (...) mais cela contredit aussi le droit international ».
Moscou a par ailleurs lancé un ultimatum à Paris. Une source russe « haut placée » a déclaré à l'agence Ria-Novosti que Paris avait jusqu'à fin novembre pour livrer un premier navire de guerre Mistral à la Russie si elle ne voulait pas s'exposer à de « sérieuses » demandes de compensation.
Ce sujet sensible devrait être abordé aujourd'hui lors d'une rencontre bilatérale en marge du G20 entre le président russe et le président français, François Hollande. Les Mistral, des bâtiments de projection et de commandement vendus par la France à la Russie en juin 2011 pour 1,2 milliard d'euros, sont au centre d'un imbroglio diplomatico-militaire depuis la décision du président François Hollande, le 4 septembre, de lier leur livraison au règlement politique de la crise en Ukraine où la situation s'est dégradée.


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DU THÉÂTRE !
16 h 43, le 15 novembre 2014