Le conseil exécutif de la Ligue maronite a rendu public un appel à l'opinion publique, mettant en garde contre les graves dangers qui menacent l'avenir et la pérennité du Liban.
« La conjoncture désastreuse qui sévit dans le pays sur les plans sécuritaire, politique et économique suscite une vive inquiétude et constitue une menace pour l'identité du pays, souligne notamment le document de la Ligue maronite. Nous sommes à la veille de la célébration du centenaire de la proclamation du Grand Liban, mais les pouvoirs qui se sont succédé n'ont pas réussi à édifier un État libanais qui soit garant des intérêts de tous ses fils. Ces pouvoirs n'ont pas réussi également à inculquer le sens de la citoyenneté. L'État libanais fait face aujourd'hui à un Moyen-Orient qui est divisé et qui est livré à des vagues de violence et à des conflits sectaires qui nous plongent dans l'obscurantisme, alors même que le pays a toujours été le creuset de la tolérance et de l'essor culturel des deux civilisations chrétienne et musulmane. »
Et la Ligue maronite de poursuivre : « Pour l'ensemble des Libanais, il est inconcevable et il est inadmissible que d'autres factions, voire des parties étrangères, déterminent les horizons politique et démographique du Liban pour les décennies à venir. Il est inadmissible de confier à qui que ce soit la tâche de décider de notre sort. Il est inconcevable d'attendre qu'un nouveau Moyen-Orient se dessine devant nous au détriment de la patrie libanaise. Les Libanais sont appelés à élever la voix et à refuser de s'aligner sur des axes étrangers qui portent préjudice à leur patrie et à leur unité. Nous désirons un pouvoir démocratique éclairé, soutenu par une armée forte (...). Le monde perçoit aujourd'hui le Liban comme une terre d'accueil et comme un havre fondé sur la liberté de croyance. Cette liberté de croyance entraîne d'autres libertés, telles que la liberté d'expression, la liberté de la presse, les droits de la femme, et la liberté d'opter pour un système économique libre et équilibré. »
Après avoir souligné que les chrétiens et les musulmans du pays doivent unifier leurs rangs afin de faire face à « ceux qui ont des visées sur le Liban », la Ligue maronite a souligné les points suivants :
- La division actuelle dans le pays n'est dans l'intérêt ni des chrétiens ni des musulmans, ni dans l'intérêt du vivre-ensemble fondé sur la liberté, l'égalité et la solidarité. Les chrétiens sont divisés aujourd'hui entre deux courants engagés dans un conflit historique qui ne concerne nullement les chrétiens. Quant aux musulmans, ils sont engagés dans des conflits sectaires qui ont pour arrière-plan des stratégies régionales qui dépassent les frontières géographiques.
- La priorité aujourd'hui doit être l'élection sans délai d'un président de la République qui doit être choisi au Liban et qui soit au service de tout le Liban.
- Une loi électorale permanente doit être approuvée afin de garantir l'élection de représentants véritables de la population.
- La mise en application de l'abolition du confessionnalisme politique doit se faire d'une manière progressive, équilibrée et loin de toute précipitation.
- L'indépendance de la magistrature doit être renforcée, et le Conseil économique et social devrait être réactivé.
- L'État doit s'engager sur la voie de l'adoption de réformes structurelles de manière à épurer l'administration, à renforcer l'armée et les forces sécuritaires, et à développer l'Université libanaise.
- La décentralisation administrative élargie, telle que prévue par l'accord de Taëf, doit être mise en place.
- La neutralité du Liban est aujourd'hui mise sur le tapis et préconisée dans le document de Bkerké. D'aucuns la perçoivent comme un moyen de diminuer les effets néfastes des conflits régionaux et internationaux sur le Liban. Cette question devrait faire l'objet d'un dialogue national entre les Libanais, sans arrière-pensées et sans complexes, d'autant que la neutralité ne signifie nullement une attitude neutre face à Israël.
- Le pluralisme dans le cadre de l'unité implique l'édification d'un État démocratique fondée sur la citoyenneté.
Liban
La Ligue maronite : Il est inconcevable qu’une quelconque partie étrangère décide du sort des Libanais
OLJ / le 13 novembre 2014 à 01h51


".... Cette liberté de croyance entraîne d'autres libertés, telles que les droits de la femme...." ! Même de la femme musulmane ? ! .... "et la liberté d'opter pour 1 système économique libre et équilibré ...." ! Pour demeurer libre et équilibré, il devra alors admettre de Taxer les Wakfs-Biens d'église, ce qui n'est sûrement pas "l'intention" de cette Ligue en question !
16 h 26, le 13 novembre 2014