Les familles des otages reprennent confiance et restent à l’affût du moindre développement.
L'affaire des otages militaires serait-elle près d'être résolue ? S'il est encore très tôt pour répondre à cette question qui évolue depuis des mois dans un contexte aussi complexe que celui offert par l'intrication des crises libanaise et syrienne, on peut toutefois dire que quelques lueurs d'espoir ont commencé à poindre à l'horizon. Cet optimisme a d'ailleurs été répercuté dans les récentes déclarations des parents dont l'angoisse exprimée au quotidien semble s'être relativement calmée.
Depuis que le Front al-Nosra a rendu publiques ses propositions en vue d'un échange entre les otages militaires et des prisonniers libanais et/ou syriens, les familles respirent et attendent que le gouvernement libanais avance ses pions.
Selon des informations qui ont circulé dans la presse, ce dernier « serait en faveur de la troisième proposition qui consiste à libérer un militaire contre cinq détenus au Liban et 50 prisonnières en Syrie ». Une issue qui, a priori, embarrasserait moins l'État libanais et sa justice (cinq prisonniers, c'est certainement moins lourd que 40 à supporter) mais dont la réussite ne peut être assurée à moins d'une coopération certaine de la part des autorités syriennes.
Ce qui ne semble pas encore acquis à ce jour, laissait entendre hier l'agence al-Markaziya. À une question posée au ministre de la Culture, Rony Araiji, sur un « éventuel refus du régime syrien de libérer les cinquante prisonnières syriennes », M. Araiji a répondu que les ministres, « qui ne sont pas mis au courant de l'ensemble des détails concernant ce dossier (...), ne sont au courant ni du refus de la partie syrienne ni de la décision libanaise de libérer des détenus ( islamistes ), encore moins de l'acceptation par le gouvernement libanais du troc proposé. À ce jour, aucune décision officielle n'a été prise à ce propos ».
Cependant, les yeux sont actuellement rivés vers Damas où pourrait se rendre très prochainement le directeur de la Sûreté, le général Abbas Ibrahim – pour la seconde fois, semble-t-il – afin de tenter de mettre à profit ses talents prouvés de négociateur et dénouer ce drame dont une partie de la solution résiderait désormais entre les mains du régime syrien.
La question est de savoir tout d'abord si Damas a véritablement refusé la proposition de la libération des détenues dans ses geôles et si le général Ibrahim – qui aurait eu recours dans les deux affaires précédentes, Aazaz et les sœurs de Maaloula, au Hezbollah – sollicitera ou non l'aide du parti chiite dans ses démarches auprès de Damas. D'autant que le gouvernement de Tammam Salam – qui adopte la politique de distanciation – « ne peut pas le faire », avait assuré il y a une semaine le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdel Mouttaleb Hennaoui, mettant en exergue les difficultés et les jongleries que la partie libanaise est appelée à faire pour sortir de ce labyrinthe.
Entre-temps, le médiateur qatari devait se diriger incessamment vers le jurd pour soumettre à al-Nosra (et l'État islamique ?) le choix pour lequel aurait en principe opté l'État libanais, soit la troisième proposition à laquelle le gouvernement aurait apporté quelques modifications restées inconnues à ce jour. Des informations répercutées dimanche dernier par l'agence al-Markaziya.
Pour leur part, les membres de la cellule de crise chargés de l'affaire restent intransigeants pour ce qui est du maintien du dossier sous le sceau de la confidentialité. Seules quelques informations sur la « progression relative » des médiations ont pu filtrer aux médias. Il reste à savoir si la progression de ce dossier est aussi certaine que ne le laissent croire les quelques données distillées ici et là.
La question qui risque notamment de poser problème est celle de savoir quels seront les détenus islamistes de Roumieh que l'État libanais compte libérer sachant qu'à ce jour les ravisseurs – al-Nosra et l'EI – n'ont pas soumis, officiellement du moins, les noms des islamistes qu'ils désirent voir relâchés. C'est ce que confirmait également il y a quelques jours cheikh Moustapha Hojeiri, proche d'al-Nosra, qui assure que le Front n'a pas avancé les noms de détenus islamistes dans le cadre du troc.
Dernière question enfin, celle de savoir si les deux groupes jihadistes – qui n'ont pas toujours été sur la même longueur d'onde, notamment autour de ce sujet – sont véritablement d'accord sur toute la ligne des négociations et sur un règlement unique à apporter à ce dossier.
Autant d'interrogations auxquelles les prochains jours devraient apporter des débuts de réponse.


EST-ON TELLEMENT BORNÉS POUR INTRODUIRE LE VOISIN DANS CE MARCHANDAGE ? NON... ET MILLE FOIS... NON ! LIBÉRER LES PRISONNIERS D'ICI CONTRE NOS SOLDATS. LE NOMBRE DE DIZAINES DE MILLIERS D'EXTRÉMISTES N'AUGMENTERAIT PAS DE 0,01%... PRÉFÉRABLE AUX PRESSIONS DE CERTAINS D'INTRODUIRE... POUR RE RECONNAÎTRE CEUX QUE LE PEUPLE LIBANAIS DANS SA MAJORITÉ ÉCRASANTE NE VEUT PLUS RECONNAÎTRE !
09 h 12, le 11 novembre 2014