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Moyen Orient et Monde - Violences

L’Égypte peine face à l’insurrection jihadiste dans le Sinaï

L’attentat de vendredi dernier dans le Sinaï a, entre autres, entraîné la fermeture du terminal de Rafah. Said Khatib/AFP

L'Égypte a échoué pour le moment à neutraliser les jihadistes du Sinaï qui multiplient les coups portés aux forces de sécurité en améliorant leurs tactiques, soulignent des experts, après l'attentat le plus meurtrier depuis l'éviction de l'islamiste Mohammad Morsi. Pour rappel, un kamikaze a lancé vendredi dernier sa voiture bourrée d'explosifs sur un barrage militaire situé près d'al-Arich, le chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, provoquant une puissante explosion. Trente soldats ont été tués. Un haut responsable de l'armée et cinq officiers figurent parmi les 29 blessés.
Depuis plus d'un an, l'Égypte est le théâtre d'une vague d'attentats visant les forces de l'ordre et principalement revendiqués par des groupes jihadistes qui disent agir en représailles à la répression lancée contre les partisans de M. Morsi depuis son éviction en juillet 2013. Nombre de ces attaques se produisent dans le Nord-Sinaï, région montagneuse et désertique jouxtant Israël et la bande de Gaza palestinienne, où l'armée mène une vaste offensive contre les jihadistes. Mais même si les militaires annoncent régulièrement avoir tué des dizaines de « terroristes », leurs opérations n'ont pas pour autant enrayé les attaques meurtrières. « La stratégie égyptienne prouve son échec avec chaque nouvelle attaque », estime Ismaïl Alexandrani, expert des groupes islamistes et du Sinaï. « Les forces stationnées (dans cette région) n'ont ni les compétences ni la formation nécessaire pour confronter » les jihadistes qui, eux, semblent perfectionner leurs modes opératoires. Pour le général à la retraite Mohammad al-Zayat, les tactiques utilisées lors des attentats « traduisent les progrès importants » du mode opératoire des jihadistes, qui pourraient être dus « au retour de certains d'entre eux de Syrie ».

« Réservoir d'armes »
L'incapacité de l'armée à lutter efficacement contre les jihadistes vient aussi du fait que le Nord-Sinaï « s'est transformé en réservoir d'armes », en raison des trafics venant de Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, ajoute M. Zayat.
Par ailleurs, selon Yezid Sayigh, expert du centre Carnegie pour le Moyen-Orient, l'armée fait « un usage aveugle de la force contre les communautés civiles », ce qui encourage « le soutien aux groupes armés parmi les populations locales. » Ces habitants se retrouvent « pris au piège entre des groupes terroristes et des institutions étatiques qui les considèrent comme des ennemis », ajoute-t-il. Résultat, les groupes jihadistes se comportent désormais dans le Nord-Sinaï comme en terrain conquis. « Ils installent des barrages, fouillent les voitures des civils et vérifient leur identité, » affirme M. Alexandrani. Le groupe Ansar Beït al-Maqdess (« Partisans de Jérusalem » en arabe), a revendiqué la plupart des attentats des derniers mois. Ce groupe, qui dit s'inspirer d'el-Qaëda, a récemment exprimé son « soutien » à l'organisation État islamique (EI, ex-Daech) sévissant en Irak et en Syrie et assure lui aussi agir en réponse à la répression des pro-Morsi.
Dans ce contexte, le président Abdel Fattah al-Sissi, après plusieurs réunions avec le haut commandement de l'armée, a affirmé que l'attaque de vendredi avait bénéficié de « soutiens de l'étranger ». Défendant les performances des forces de sécurité, il a promis une réponse implacable. Quant à l'état d'urgence de trois mois sur une partie du nord et du centre de la péninsule du Sinaï, dans un périmètre allant de la ville de Rafah, sur la frontière avec Gaza, à la ville d'al-Arich, – entraînant la fermeture du terminal du même nom – « ces procédures sont appliquées de manière informelle depuis un an et demi et elles n'ont fait aucune différence », juge M. Alexandrani.
Haitham EL-TABEI/AFP

L'Égypte a échoué pour le moment à neutraliser les jihadistes du Sinaï qui multiplient les coups portés aux forces de sécurité en améliorant leurs tactiques, soulignent des experts, après l'attentat le plus meurtrier depuis l'éviction de l'islamiste Mohammad Morsi. Pour rappel, un kamikaze a lancé vendredi dernier sa voiture bourrée d'explosifs sur un barrage militaire situé près d'al-Arich, le chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, provoquant une puissante explosion. Trente soldats ont été tués. Un haut responsable de l'armée et cinq officiers figurent parmi les 29 blessés.Depuis plus d'un an, l'Égypte est le théâtre d'une vague d'attentats visant les forces de l'ordre et principalement revendiqués par des groupes jihadistes qui disent agir en représailles à la répression lancée contre les partisans de M....
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