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Liban - La Mémoire Des 90 Ans

Charles Malik, fabricant de prestige Par Georges Naccache

Dans « L'Orient » du 17 octobre 1948

– La parole est à Monsieur le délégué du Liban.
Ce n'est pas un choc ordinaire que nous avons ressenti, mon ami Harfouche et moi, en pénétrant dans la salle III du Palais de Chaillot. Non, nous ne rêvions pas ! Dans l'amphithéâtre, où nous voici, ces personnages aux masques divers, ce sont bien les visages pareils de 58 nations attentives à chaque inflexion et à chaque attitude, supputant les chances favorables ou contraires – anxieuses des signes de la guerre et de la paix.
Au centre de la plus haute tribune, qui est ce bon géant qui préside ?
Un Libanais.
Qui va parler ?
Un Libanais.
Le professeur Charles Malik écoute le jeune cheikh Négib Dahdah – et ce qui se tait, dans cette enceinte, ce sont deux milliards d'hommes représentés (...)
En dégringolant les gradins, Charles Malik est intercepté par le délégué de Chine, celui des États-Unis. Il les écoute, le menton dans la main, dans une pose bienveillante de maître d'école, hoche la tête, approuve, rit, concède ou s'oppose – et nous fait, pendant tout ce temps, des signes d'intelligence.
Voici maintenant le monstre devant moi (...) Nous nous dirigeons à pied vers un restaurant de la place de l'Alma, dans l'or doux d'un soleil d'automne qui est la plus parfaite poésie d'un paysage de Paris (...)
Et c'est lui qui, tout de suite, m'attaque :
– Comment va le Liban ? demande-t-il.
Je réponds qu'il va...
– L'important, interrompit-il, est que le Liban tienne du dedans. Nous faisons tous, ici, le travail que nous avons à faire (...) Que ceux qui tiennent la maison s'occupent donc de la bien tenir. Ce n'est pas tant le désordre administratif qui m'inquiète, ni la faiblesse de l'État, que l'affaiblissement, chez beaucoup, de l'esprit libanais, le recul moral d'une certaine élite, la perte de confiance dans notre vocation et notre destinée (...)

– La parole est à Monsieur le délégué du Liban.Ce n'est pas un choc ordinaire que nous avons ressenti, mon ami Harfouche et moi, en pénétrant dans la salle III du Palais de Chaillot. Non, nous ne rêvions pas ! Dans l'amphithéâtre, où nous voici, ces personnages aux masques divers, ce sont bien les visages pareils de 58 nations attentives à chaque inflexion et à chaque attitude, supputant les chances favorables ou contraires – anxieuses des signes de la guerre et de la paix.Au centre de la plus haute tribune, qui est ce bon géant qui préside ?Un Libanais.Qui va parler ?Un Libanais.Le professeur Charles Malik écoute le jeune cheikh Négib Dahdah – et ce qui se tait, dans cette enceinte, ce sont deux milliards d'hommes représentés (...)En dégringolant les gradins, Charles Malik est intercepté par le délégué de...
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NOUS AVIONS DES GÉANTS DU TEMPS DE CAMILLE CHAMOUN... NOUS AVONS DES LILLIPUTIENS ABRUTIS ET VAURIENS AUJOURD'HUI !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

11 h 46, le 18 octobre 2014

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Commentaires (2)

  • NOUS AVIONS DES GÉANTS DU TEMPS DE CAMILLE CHAMOUN... NOUS AVONS DES LILLIPUTIENS ABRUTIS ET VAURIENS AUJOURD'HUI !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 46, le 18 octobre 2014

  • Les Libanais restent capables, même si surely ça fait sourire, de s’interroger avec gravité non seulement sur leur nombril mais aussi sur leur suffisance ou leur devise ; eux qui furent paraît-il, "les + braves" de tous les peuples de ce "fertile" ! Les temps étant moroses et les récréations étant fugaces, que l’on voit quel spectacle offrent-ils à la planète entière lorsque, détournant un instant son regard du Reste, l’humanité daigne 1 peu les considérer ? Voilà donc leur hymne qui s’évapore, cependant qu’ils ânonnent encore 1 "Koullounâh" qui ne leur a rien fait avant de verser depuis dans 1 incoercible somnolence. Bref, et en 1 éblouissante synthèse de leurs précieuses idées reçues, qu’on retienne donc ces indigènes "si dignes" puisqu’ils excellent dans l’auto-dithyrambe : "Nous ne sommes pas comme les autres." ! Ou, en + condensé mais inquiet : "Sans le Liban, le monde serait seul." ! Et l’univers, on l’imagine, désemparé. Reste donc leur devise, devenue avec eux 1 histoire toute drolatique : "Koullounâh Lille Watan" ; yâ hassértééh ! Tout compte fait, on devrait faire don de cet hymne à l’Humanité. On en était là, ne disposant + que de some sarcasmes désabusés sur l’avenir du Libanais(h) et de "ses identités + ou moins meurtrières", lorsque la pensée est venue qu’on devrait avoir honte de se gausser de la sorte de ces compatriotes, faisant fi des décennies durant lesquelles on vivait ici encore à Béryte la Belle Cité, "heureux" comme si dieu était, yîîîh, éhhh Libanais.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    06 h 10, le 17 octobre 2014

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