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Liban - La Mémoire Des 90 Ans

« Ici au moins, nous sommes près de notre argent... »

Dans « L'Orient » du 16 octobre 1966

Le siège de l'Intra, à Bab Idriss, hier matin, était l'objet d'un nouveau rush de la part des déposants. C'était la foule des petits épargnants : employés, chauffeurs, femmes de ménage, la tristesse se lisant sur leur visage, qui attendaient là on ne sait quoi, peut-être un mot réconfortant.
Mais la porte en barres massives de fer était bel et bien fermée, verrouillée aussi solidement que la grille d'une citadelle sur laquelle veillaient les policiers de la brigade 16. La foule grossissant à vue d'œil, un officier de police intervint pour lui demander de dégager la place.
– « Que craignez-vous ? La banque peut régler vos dépôts en l'espace d'une demi-heure. Ce sont les "grands", ceux qui ne sont pas là, ceux qui ont des dépôts pour 100 000, 500 000 et un million de livres qui doivent plutôt craindre pour leur argent, dit-il à une femme qui pleurait discrètement. Aujourd'hui, vous ne pouvez rien toucher. Revenez lundi ( ... ). »
– « Je ne bougerai pas d'ici, répond-elle. Là, au moins, je me sens près de mon argent. »
– « Vous savez, intervient un autre, nous, nous avons durement travaillé pour épargner ces petits montants. Les "grands", eux, pourraient rester indifférents, même s'ils perdent un million... »
L'officier se faisait paternel. (...) Ce dialogue s'est répété au moins une centaine de fois entre 9 heures et 13 heures.
(...) Telle était l'atmosphère hier avant-midi devant le siège de l'Intra Bank. Il faut cependant que les épargnants reprennent confiance, car souvent dans des cas pareils, les rumeurs dépassent la réalité : c'est à cela qu'il faut prendre garde.

Le siège de l'Intra, à Bab Idriss, hier matin, était l'objet d'un nouveau rush de la part des déposants. C'était la foule des petits épargnants : employés, chauffeurs, femmes de ménage, la tristesse se lisant sur leur visage, qui attendaient là on ne sait quoi, peut-être un mot réconfortant.Mais la porte en barres massives de fer était bel et bien fermée, verrouillée aussi solidement que la grille d'une citadelle sur laquelle veillaient les policiers de la brigade 16. La foule grossissant à vue d'œil, un officier de police intervint pour lui demander de dégager la place.– « Que craignez-vous ? La banque peut régler vos dépôts en l'espace d'une demi-heure. Ce sont les "grands", ceux qui ne sont pas là, ceux qui ont des dépôts pour 100 000, 500 000 et un million de livres qui doivent plutôt craindre pour leur...
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