Une eau boueuse a inondé les fermes d’élevage du bord de l’Oronte. Photos Ismaïl Sabrawi
Les pluies torrentielles de la nuit de mardi à mercredi n'ont pas seulement inondé les routes des villes, causant des embouteillages monstres durant deux jours, mais ont également provoqué une grave crue dans la région de l'Oronte (Békaa-Nord). De nombreux éleveurs de poissons y ont subi des pertes considérables. Les multiples cafés et restaurants des bords de ce fleuve ont été gravement endommagés. Le fleuve, qui est sorti de son lit, a charrié avec lui nombre de rocs et une grande quantité de boue. Dans un tweet, la Défense civile a déclaré avoir travaillé à extraire les voitures et les habitants piégés par les eaux dans la vallée de l'Oronte.
Hussein Hajj Hassan est l'un de ces éleveurs et agriculteurs à avoir subi la colère de la nature. « L'eau est montée de 120 centimètres à peu près, en très peu de temps, raconte-t-il à L'Orient-Le Jour. Comme cette eau charriait beaucoup de boue, les poissons ne pouvaient plus respirer dans l'eau. Les plus jeunes ont été le plus affectés. Il nous faut deux jours environ pour recenser avec exactitude les dégâts, mais nous estimons, dans notre ferme d'élevage qui est la plus grande de la région, avoir perdu quelque 40 tonnes de poissons. Dans un premier bilan, nous pensons que les fermes de la vallée de l'Oronte ont essuyé non moins de 200 millions de livres de pertes. »
Dans un communiqué, le député Nawwar Sahili, qui a déploré « les pertes considérables » subies par les fermes et les cafés du Hermel, a demandé « au Haut Comité de secours d'envoyer au plus tôt des équipes pour recenser les dégâts en vue d'indemniser les populations sinistrées ».
L'éleveur Hussein Hajj Hassan préconise, lui, des solutions à plus long terme qui accompagneraient une éventuelle indemnisation. « Il faudrait construire des lacs artificiels le long de ce fleuve, ce qui permettrait d'une part de stocker l'eau, puisqu'elle est actuellement gaspillée, et, d'autre part, de réduire la pression avant que la crue n'atteigne nos régions, explique-t-il. Nous avons maintes fois revendiqué une solution de ce type, mais il semble que les autorités ne soient pas prêtes à plancher sérieusement sur ce dossier. »
Interrogé sur ses observations, Hussein Hajj Hassan affirme constater une fréquence accrue de ces phénomènes depuis une dizaine d'années. « Une crue encore plus grave que celle-là nous avait frappés il y a cinq ans », se souvient-il.
Denniyé sous les eaux
Comme dans le Hermel, Denniyé au Nord a subi de nombreux éboulements, notamment près de la source de Succar dans le jurd. La route du village de Bkarsouna a été partiellement coupée, ainsi que celle qui mène au Hermel et au barrage de Brissa.
Le président du conseil municipal de Bkarsouna, Mohammad Bakkour, a pour sa part demandé à l'entrepreneur qui construit la route de Bkarsouna-Nemrine de terminer les travaux au plus vite, étant donné que l'actuelle route n'arrive plus à contenir le flux de voitures et de camions qui circulent dans cette région tous les jours.

