L'inquiétude face aux risques de propagation d'Ebola était de plus en plus forte hier. Alors qu'un premier patient était décédé avant-hier aux États-Unis et qu'un autre est actuellement dans un état grave en Espagne, la communauté internationale s'active désormais afin de trouver des solutions face à ce virus qui semble se propager de manière inéluctable.
Des spécialistes ont même comparé l'épidémie au sida. « Cela va être un long combat. (...) Depuis trente ans que je travaille dans la santé publique, la seule chose comparable a été le sida », a déclaré le Dr Tom Frieden, directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) lors d'une table ronde à Washington. Ce cri d'alarme a été relayé par le président de la Sierra Leone Ernest Bai Koroma, pour qui la « réponse internationale a été, pour le moment, plus lente que le rythme de transmission de la maladie ».
Sonnette d'alarme
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a, lui, estimé qu'il fallait multiplier « par 20 » l'aide actuelle pour espérer enrayer la maladie qui a déjà tué 3 900 personnes. La directrice du FMI, Christine Lagarde, a admis qu'il faut « augmenter les déficits pour soigner les gens ». À la mi-journée hier, le Liberia a de son côté décidé de reporter ses élections sénatoriales prévues le 14 octobre, en raison de « l'état d'urgence », décrété en lien avec Ebola. En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a déclaré qu'elle travaillait aussi « avec les autorités des pays concernés pour voir dans quelles conditions nous pourrions renforcer les contrôles au départ ». Le Royaume-Uni a pour sa part annoncé hier l'introduction d'un dépistage renforcé des voyageurs en provenance des pays affectés par la maladie, dans certains de ses aéroports et gares ferroviaires.
En Guinée, un des pays d'où s'est propagé le virus, le centre de traitement de Médecins sans frontières était proche de la saturation, selon un communiqué diffusé hier. Au Zimbabwe, les autorités sanitaires ont ordonné la fermeture d'un hôpital à Harare, la capitale, pour isoler un patient soumis à un test d'Ebola, a déclaré un haut responsable de la santé. Enfin, en France, un bâtiment de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) en banlieue parisienne a été bouclé pendant une heure et demie pour une fausse alerte à Ebola, après le malaise d'une personne africaine présentant des symptômes semblables à ceux du virus, a-t-on appris de sources concordantes.
La patiente espagnole en danger grave de mort
En outre, l'aide-soignante espagnole hospitalisée à Madrid depuis lundi après avoir contracté le virus Ebola, la première contagion hors d'Afrique, est en « danger grave » de mort, a déclaré hier le président de la région de Madrid, Ignacio Gonzalez, lors d'une allocution à l'Assemblée régionale. Par ailleurs, d'après la presse espagnole, Madrid aurait admis auprès de l'Union européenne un « relâchement » notamment dans la manipulation des cadavres et l'élimination des déchets. Le témoignage du premier médecin ayant soigné la patiente espagnole semble renforcer l'idée que l'ensemble du système de prise en charge d'Ebola en Espagne est à revoir.
(Sources : agences)

