La présidente brésilienne de gauche Dilma Rousseff, bien que fragilisée sur l'économie et bousculée par l'écologiste Marina Silva, a repris la main et aborde en force le premier tour de la présidentielle demain dans le géant émergent d'Amérique latine.
Candidate à un second mandat de quatre ans, l'héritière politique de l'ex-président Lula (2003-2010) est donnée favorite du premier tour demain et en ballottage favorable lors d'un probable et encore très ouvert second tour le 26 octobre. Face à la promesse de « la nouvelle politique » incarnée par la candidate du changement, l'écologiste Marina Silva, Mme Rousseff se pose en garante des avancées socio-économiques qui ont permis à 40 millions de pauvres d'accéder à la classe moyenne et à la consommation en 12 ans de pouvoir du Parti des travailleurs (PT, gauche). Au terme d'une campagne aux rebondissements digne d'une télénovéla, Mme Rousseff obtiendrait demain 40 % des voix, selon les deux derniers sondages de la campagne publiés jeudi soir, quelques heures avant le dernier grand débat électoral de la TV Globo suivi par quelque 50 millions de téléspectateurs. L'atypique Marina Silva avait fait une irruption spectaculaire dans la campagne en assumant la candidature du Parti socialiste brésilien (PSB) à la place de son allié Eduardo Campos, tué en août dans un accident d'avion. Elle avait compté jusqu'à 10 points d'avance sur Dilma Rousseff en cas de second tour. Mais cette dissidente du PT, ancienne ministre de l'Environnement de Lula (2003-2008) et fervente évangélique, a plié sous la contre-offensive musclée de Mme Rousseff et de la puissante machine électorale du PT.
Née dans une famille pauvre d'Amazonie où elle a travaillé dur, enfant, comme récolteuse de latex, Marina Silva serait a priori qualifiée pour le second tour, avec 24 à 25 % des voix.
Elle garderait ainsi intact son rêve de devenir la première présidente noire du Brésil, dans la perspective d'un second tour équilibré où elle bénéficierait de plus de reports de voix et d'un temps de parole télévisé égal à celui de la présidente.
Mais il lui faudra d'abord résister au retour d'Aecio Neves, le candidat du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), rival historique du PT, qui s'est peu à peu hissé entre 19 et 21 % des intentions de vote.
(Source : AFP)


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