Un enfant portant une pancarte appelant à stopper Ebola à Abidjan. Luc Gnago/Reuters
Les pays africains en proie au virus Ebola, aux abois face à l'ampleur de l'épidémie, espéraient hier une traduction rapide en actes des appels solennels à l'Onu à l'envoi de renforts et d'aide.
Lewis Brown, le ministre de l'Information du Liberia, de loin le pays le plus touché, s'est dit « heureux » de la prise de conscience de la gravité de l'épidémie manifestée par les déclarations de jeudi lors d'une réunion sur Ebola aux Nations unies. « Nous espérons que les engagements (pris jeudi) seront rapidement suivis d'effets, parce que si cela tarde à se concrétiser, les populations des différents pays vont commencer à perdre patience et accuser nos gouvernements », a déclaré M. Brown. « Mon pays est sur la ligne de front de l'une des plus grandes questions de vie ou de mort pour l'humanité mondiale », a déclaré de son côté le président sierra léonais Ernest Bai Koroma.Il intervenait par vidéoconférence, ayant renoncé à se rendre à New York en raison de la situation en Sierra Leone, où il a placé en quarantaine trois provinces supplémentaires, totalisant une population de plus d'un million de personnes.
De plus, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé hier que des milliers de doses de vaccins expérimentaux devraient être disponibles début 2015, reconnaissant que « le problème principal n'est pas le manque de médicaments », mais « la faiblesse des systèmes de santé ». La directrice générale de l'OMS Margaret Chan a mis la communauté internationale face à ses responsabilités, affirmant lors de la réunion à l'Onu : « Vous avez le pouvoir de stopper cette horrible épidémie. » « Nous n'avançons pas assez vite, nous ne faisons pas assez », a renchéri le président américain Barack Obama. Selon le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, « le monde peut et doit stopper Ebola maintenant ».
De son côté, l'Agence européenne du médicament (EMA) a annoncé hier qu'elle avait commencé à se pencher sur le dossier des traitements expérimentaux contre la fièvre Ebola afin d'aider les autorités sanitaires dans leurs futures décisions. L'EMA « a commencé à passer en revue l'information disponible sur les traitements contre Ebola en cours de développement », annonce cette agence basée à Londres dans un communiqué. « Le but est de fournir un panorama complet de l'état actuel des connaissances sur les différents médicaments expérimentaux pour aider les autorités sanitaires dans leurs décisions », indique l'EMA. Enfin, un Égyptien a été placé en quarantaine au Caire à son retour de Sierra Leone où il a été soigné et apparemment guéri après avoir contracté le virus d'Ebola, a rapporté hier le quotidien gouvernemental al-Ahram.
(Source : AFP)

