L'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest est « hors de contrôle » et requiert une réponse de bien plus grande ampleur dont un recours à la logistique militaire, a estimé hier le directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (Niaid), le Dr Anthony Fauci.
« Nous allons avoir besoin de milliers de personnes en plus, de milliers de lits d'hôpital et aussi probablement d'une sorte de présence militaire, pas avec des armes, mais pour leurs capacités logistiques de transport des équipements », a-t-il estimé dans un entretien, ajoutant : « Nous devons faire quelque chose sur une échelle plus grande que ce que nous faisons actuellement. » Il a dit que la Maison-Blanche envisageait de recourir à l'armée, mais « aucune décision n'a encore été prise » à ce stade.
M. Fauci a relevé qu'il y avait une « fenêtre » pour contrôler cette propagation d'une ampleur sans précédent depuis l'identification du virus en 1976. Mais « les circonstances qui l'alimentent, comme le manque d'infrastructures sanitaires (dans les pays affectés), l'incapacité à détecter les personnes infectées et à les mettre en quarantaine, ainsi que des ressources insuffisantes, font que la situation s'aggrave toujours plus », a expliqué ce responsable, qui doit témoigner la semaine prochaine devant une commission du Sénat et de la Chambre des représentants au sujet de cette crise sanitaire. Le Pentagone devrait en effet, selon lui, aider à construire des hôpitaux de campagne, et transporter les équipements et les vivres provenant de donateurs.
Enfin, il a enjoint le secteur privé à faire davantage, à l'instar de la fondation Gates qui a annoncé mercredi un don de 50 millions de dollars. Le Dr Fauci a cependant confié « n'avoir aucune idée » des sommes nécessaires pour répondre de façon adéquate à cette crise.
Dans ce contexte d'expansion de l'épidémie « d'une gravité exceptionnelle », l'Institut Pasteur de Paris, avec son réseau de 32 instituts répartis dans 25 pays, et notamment en Afrique occidentale, a décidé de créer une task force pour coordonner et renforcer sa recherche et son expertise, souligne son directeur général, le Pr Christian Bréchot.
Moyen Orient et Monde - Ebola
« Le recours aux militaires sera probablement nécessaire »
OLJ / le 12 septembre 2014 à 00h00

