Le député de Tripoli, Mohammad Safadi, a déploré hier le retard important dans les procès de certains islamistes détenus dans les prisons libanaises, qui « constitue une violation de la Constitution et des lois, lesquelles protègent les droits des personnes en état d'arrestation ».
« Les gouvernements successifs et la justice assument la responsabilité de cette contravention », a estimé M. Safadi, dans un communiqué.
« Le prétexte derrière ce retard était l'absence d'une salle suffisamment grande et sûre, mais elle n'est plus d'actualité après la construction d'une salle annexe à la prison de Roumieh. Avec cela, le procès des détenus n'a pas eu lieu à la vitesse escomptée. Des actes d'accusation ont été émis dans le cas de 22 dossiers sur 480 seulement », a-t-il souligné.
« Le maintien de ces dossiers en suspens impose de grosses responsabilités au gouvernement. Cela porte atteinte au principe de la justice. Tout accusé a le droit à un procès équitable dans le cadre des délais prévus par la loi, pour savoir quel sera son sort, la confirmation de l'accusation ou l'innocence et la libération », a noté Mohammad Safadi.
« Certains détenus ont déjà passé dix ans, d'autres 14 en prison. Ces atermoiements sont source d'injustice et ont des répercussions graves sur la sécurité et la stabilité. Il est inacceptable que la justice tarde à assumer ses devoirs sous n'importe quel prétexte », a-t-il ajouté.
« Dans le cas de la persistance de ce retard, la Chambre est appelée à discuter cette question dangereuse et à déterminer les démarches à suivre à la lumière des prérogatives légales du Parlement », a ajouté le député de Tripoli.


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